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On va donc débattre...
Laurent Gérard
Mis en ligne le 21/09/2007
De vive voix, Marie Arena (PS) a réitéré, jeudi matin, sa proposition d'un vaste débat intrafrancophone ("La Libre" du 20/09) au sein d'une Commission mixte "Wallonie-Bruxelles 2009", paritaire et ouverte à la société civile. Et pour (tenter de) faire taire les propos sarcastiques qui soulignaient les divergences de vues intrasocialistes, la ministre-présidente du gouvernement francophone avait requis la présence à ses côtés, lors de la rentrée parlementaire, de son homologue wallon. Rudy Demotte a précisé qu'il n'y avait "aucune dissonance" entre la proposition de M me Arena de débattre sur le destin des francophones et son opposition, affirmée la veille à Namur, à un grand forum institutionnel. "Les deux positions sont complémentaires. L'une répond à une question lancée dans le cadre d'un débat politicien et destinée à cacher les dissensions au sein du débat fédéral. L'autre vise à débattre non pas de tuyauterie institutionnelle, mais de ce qui passe dans les tuyaux" , a souligné M. Demotte.
Cela n'a pas empêché le Mouvement réformateur de se demander qui reflète aujourd'hui la véritable volonté du PS et s'il s'agissait d'une déclaration du gouvernement dans son ensemble. C'est que, pour la chef de groupe Françoise Bertieaux, "les relations semblent difficiles avec le partenaire CDH". Cela dit, "refuser le dialogue n'est pas dans la tradition du MR" qui répondra donc positivement à cette "aimable" proposition, tout en regrettant que Marie Arena n'ait plus "l'attitude volontariste d'il y a deux ans, quand elle proposait notamment des ministres à double casquette", communautaire et régionale. Dans un communiqué, les bleus se sont réjouis que "Marie Arena réponde à l'appel lancé par Didier Reynders", mais restent prudents, car il ne faudrait pas qu'il s'agisse d'un "énième" plan destiné à jeter de la poudre aux yeux.
En comparaison, la réaction écologiste fut un modèle d'enthousiasme à l'idée de "débattre des enjeux". "Laissons la tuyauterie aux plombiers", lâche le leader Ecolo Marcel Cheron. "Si l'on a l'accord de tous les partis, si l'on arrête cette course au leadership francophone, s'il y a une volonté de débattre d'un projet culturel innovant et tolérant - en osant notamment un accord de coopération culturelle avec la Flandre -, de bonne gouvernance, de développement économique des Régions wallonne et bruxelloise, de formation et d'éducation, et de développement durable, au bénéfice des citoyens, alors, notre groupe est prêt à travailler. J'irai voir chaque matin dans ma boîte aux lettres s'il y a une invitation" pour ce débat.
CDH : oui sous condition
Dernière à prendre la parole, la chef de groupe du partenaire CDH jeta d'abord un léger froid en regrettant que "ce projet ait été exprimé d'abord dans la presse, sans respect pour le Parlement qui reste le coeur de la démocratie".
Sur le fond, Anne-Marie Corbisier fit valoir que cette invitation est "la suite logique de la prise de position des présidents de parti francophone en décembre 2006, qui demandaient que le débat intrafrancophone ait lieu après les élections législatives. Nous ne pouvons qu'accepter ce débat, à condition toutefois : 1° qu'il ne fasse pas apparaître les francophones comme demandeurs dans la négociation actuelle; 2° qu'il renforce l'unité francophone au lieu de diviser - raison pour laquelle nous demandons de reporter le débat après la Toussaint, dans un cadre fédéral apaisé -; 3° qu'il ne mène pas à des revendications telles que celles votées par le Parlement flamand en 1999; et 4° qu'il n'aboutisse pas à une radicalisation des positions et à une dramatisation. Dans ces conditions, nous pourrons parler, apprendre à nous connaître".
Marie Arena n'a plus qu'à envoyer les cartons d'invitation.
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