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Di Rupo : "Que le MR cesse"

paul piret

Mis en ligne le 27/09/2007

La réplique d'Elio Di Rupo à Didier Reynders. Le président du PS revendique la première place de son parti sur les questions francophones. Le forum à venir portera sur le destin francophone, pas "la tuyauterie institutionnelle".
  • Edito: Les palabres peuvent commencer
  • Commission intérieure par Christian Laporte
  • entretien

    Dans "La Libre" de mercredi, le président du MR entendait reprendre la main dans le débat francophone, non sans asticoter le PS. Nous avons sollicité la réplique de son président...

    Il est curieux, déclare M. Reynders, que le PS attende 20 ans de pouvoir ininterrompu "pour commencer à s'interroger à un projet pour les francophones". Votre réponse ?

    D'abord, notre préoccupation a toujours été de défendre les francophones et nous y sommes parvenus. Jusqu'à présent, on a pu préserver l'unité du pays et une certaine qualité de vie pour les francophones. Ensuite, je ne suis pas partisan d'une guéguerre avec le MR. Je ne veux pas entrer dans ce jeu-là. Mais je fais deux constats. 1° Les libéraux ont voulu mettre en place l'orange bleue. Plusieurs mois après, on ne sait toujours pas où l'on va ni ce que l'on veut, alors que le climat se dégrade de façon vertigineuse. 2° Les libéraux devancent les socialistes au fédéral : 23 sièges contre 20 à la Chambre. Mais en Région bruxelloise, nous en avons 26 et eux, 24 ; en Région wallonne, 34 contre 20 ; en Communauté française, 41 contre 26.

    Vous leur dites : un ton plus bas ?

    Je leur dis : des sorties comme celles-là sont inappropriées. Ce n'est pas la guerre entre francophones que nous devons nourrir, mais un projet pour eux. Il est normal que nous prenions les initiatives qui nous semblent judicieuses.

    Vous évoquez la "commission Arena". M. Reynders dit que les choix doivent venir du politique.

    Mais ils reviennent à tout le monde ! Je suis étonné que le président du MR veuille confisquer le débat de la société civile par les seuls politiques. Sous-entendu : par lui. Car la classe politique, c'est le MR ; et le MR, c'est lui.

    Sur les institutions, n'est-ce pas aux partis de s'impliquer ?

    Deux différences avec le MR. D'abord, l'organisation de sujets comme l'éducation et la culture ne regarde évidemment pas que les politiques. Ensuite, les libéraux ont une manie presque obsessionnelle de parler des institutions : communauté, région, fusion, etc. On ne fait pas de politique à coups de plomberie. Notre démarche s'inspire du contexte nouveau du 10 juin. Aveuglé par sa victoire, le MR dit que la sortie des socialistes est la plus grande réforme. La nouvelle donne est ailleurs : une radicalisation jamais vue du côté flamand. Donc c'est bien du destin des francophones que nous voulons parler, pas des institutions.

    N'est-ce pas aussi parce que vous redoutez le retour des vieux clivages internes au PS, entre communautaristes et régionalistes ?

    Il faut cesser de parler du PS, de l'accuser de tous les maux de la terre. Le PS oeuvre dans l'intérêt des citoyens. Il n'est pas responsable de la détérioration du pays depuis trois mois. Il faudra tout de même que Didier Reynders justifie ce qu'il a fait depuis le 10 juin.

    "Pas de guéguerre", disiez-vous... En fait, MR comme PS ne sont-ils déjà pas en campagne pour le leadership aux régionales de 2009 ?

    Pas dans notre chef. Je ne porte pas de critique. Mais j'ai réagi par exemple aux accusations de Louis Michel. Nous en avons assez de devoir subir les quolibets et attaques injustes des libéraux. Ils l'ont fait avant les élections et ça leur a rapporté ; mais il faut que ça cesse.

    Mercredi dernier, on a pu ressentir un sentiment de pagaille dans vos rangs. Vos députés wallons ne disaient pas les mêmes choses ; et Rudy Demotte refusait de grandes discussions que Marie Arena s'apprêtait à lancer.

    Je comprends ce sentiment. Il eût fallu s'exprimer plus clairement. Mais tout a été concerté, sans contradiction. M. Demotte s'exprimait sur des projets internes au Parlement wallon ; Mme Arena a invité à réfléchir sur le destin des francophones.

    Didier Reynders compte inviter les présidents de partis francophones. Est-ce à lui de le faire ?

    Si ce sont des questions fédérales, cela revient au MR. S'il s'agit de questions relevant des francophones, Wallons, Bruxellois, nous sommes toujours, très largement, les plus importants. Mais cessons. Que ce soit ni le MR invitant à l'hôtel des Finances, ni le PS au boulevard de l'Empereur : mettons-nous d'accord à quatre pour aller à l'endroit le plus représentatif, le Parlement de la Communauté française. Et sans en faire un show médiatique comme la dernière fois.

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