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crise

Front flamand pour BHV

christian laporte

Mis en ligne le 27/09/2007

Le train de la scission de BHV est sur les rails. De la gauche à l'extrême droite les partis flamands ont fait front. La Fête de la Communauté française fut un bon prétexte pour suspendre les débats jusqu'à mercredi prochain !

éclairage

Le rouleau compresseur qui entend déchiqueter l'arrondissement électoral Bruxelles - Hal - Vilvorde est, qu'on le veuille ou non en Belgique francophone, bigrement bien lancé !

Même si le débat de fond proprement dit est reporté à huitaine, tous les partis flamands, sans exception et donc sans la moindre gêne de se retrouver sur la même ligne que l'extrême droite, ont clairement fait savoir qu'ils feraient jouer leur majorité numérique pour voter unanimement la scission. Et le plus vite possible. De préférence même à l'occasion de la première séance plénière de la Chambre !

A moins bien sûr qu'entretemps, l'oranger bleu ne fleurisse enfin et livre quelque fruit juteux dont un bienvenu compromis qui pourrait faire passer la pilule dans le camp francophone...

Depuis l'installation du nouveau Parlement en juin et juillet, les partis flamands, toutes tendances confondues, avaient demandé l'extrême urgence pour le débat. D'aucuns espéraient même le lancer avant la rentrée mais finalement après encore quelques manoeuvres de procédure, la commission de l'Intérieur placée sous la houlette de Pieter De Crem (CD & V) a finalement entamé mercredi après-midi l'examen des huit propositions de loi déposées par les partis flamands.

Entre-temps, les partis francophones ont tenté de parer au plus pressé en ressortant eux aussi diverses propositions qui entendent elles renforcer la présence francophone dans la grande périphérie. Mais comme elles n'ont pas pu être prises en considération en plénière - la prochaine n'aura lieu que le mardi 9 octobre, vrai jour de la rentrée parlementaire - ils ont tenté de faire reporter les débats, rappelant que l'extrême urgence n'en était pas vraiment une puisqu'il n'y aura pas d'élections fédérales dans un futur rapproché...

Avec le problème complémentaire que leurs propositions visaient des majorités spéciales.

Cela a donné lieu à un débat de procédure, encore un, où il est apparu que les partis francophones ne font plus front, pour autant qu'ils en aient jamais constitué un... Ainsi, à un moment donné, Yvan Mayeur (PS) s'en est pris à Charles Michel (MR), croyant que ce dernier avait marqué son accord pour que l'on entame les débats. Une mauvaise compréhension qui a vraiment fait désordre dans les rangs francophones... Et laissé une impression un tantinet lamentable !

"Un magnifique front uni"

D'autant plus qu'en face, du côté flamand, tous avaient élimé leurs aspérités traditionnelles et rangé leurs rancoeurs au vestiaire, regardant tous vers, si l'on ose dire, la Terre promise que serait BHV scindé... A tel point que Jean-Marie Dedecker s'est mis à vanter ce "prachtig Vlaams front" dont il n'aurait jamais osé rêver dans ses songes les plus fous.

Et tant qu'à se mettre dans la symbolique, même s'ils s'en défendent plus que jamais, les partis flamands ont marqué leur accord pour que la proposition de loi de base centrale soit celle déposée notamment par Michel Doomst, bourgmestre CD & V de Gooik qui fut une des figures de proue de l'opposition maïorale. C'est donc lui qui a eu l'honneur de faire le premier exposé général, rappelant d'abord le combat des bourgmestres avant de stigmatiser le fait qu'"en périphérie, les francophones n'acceptaient toujours pas de s'intégrer mais prônaient au contraire l'expansion".

Il fit aussi un exposé très technique sur l'apparentement, non sans dire aux francophones qu'ils ne devaient pas voir dans la scission un acte hostile mais "un esprit de dialogue".

De son côté, un autre mandataire de la périphérie, Luc Van Biesen (Open VLD) reconnut que "la Cour d'arbitrage ne demandait pas la scission mais que cette dernière permettrait de maintenir la dignité démocratique de notre Etat". Il réfuta aussi l'idée que la scission de BHV déboucherait sur la scission de la Belgique. Restait à voir comment Pieter De Crem parviendrait à reporter la suite de la discussion que l'opposition VB, Liste Dedecker et SP.A entendait accélérer tant et plus, au point de faire preuve d'une concision exceptionnelle en ce haut-lieu de la logorrhée verbale. C'est... la Fête de la Communauté française qui a permis de sauver la mise et qui a fait décommander les petits pains des séances au finish.

Comme nombre d'élus devaient aller à la Cocof ou encore au Botanique, le très courtois De Crem avait décidé d'arrêter les débats à 17heures. L'on remettra donc cela la semaine prochaine.

Et là, ce ne sera plus de fête pour les francophones. Ni au propre, ni au figuré...

Savoir Plus

"Un grand jour pour la Flandre"

Si nos confrères de la presse écrite et audiovisuelle flamande s'efforçaient de conserver la distance qui sied par rapport à l'événement, commentant de manière plutôt critique "le show barnumesque" des députés flamands essayant de tirer la couverture à eux, les collaborateurs parlementaires ne pouvaient cacher leur joie, l'un d'eux nous confiant même que "c'était un grand jour pour la Flandre" même si le vote final de la scission est encore loin de se concrétiser...

Pour Carl De Vlies (CD & V), "les francophones auraient tort de voir dans le processus actuel les germes de la fin du pays". Et de rappeler les événements bien plus tendus pour l'unité belge de la crise de Louvain dont on fêtera l'an prochain le triste quarantième anniversaire... "La scission est devenue un win-win pour tous et les unifs se sont retrouvées"...

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