La Libre.be > Actu > Belgique > Article
La crise politique
La complexité était dans les urnes
P.P.
Mis en ligne le 08/10/2007
On peut disserter indéfiniment des retombées précises de tout scrutin sur la vie politique qui s'y réfère. Reste que l'électeur fixe des faisabilités et des impossibilités. Et les dernières élections participent pour leur part aux difficultés apparues depuis, tant leurs tendances étaient tout sauf univoques, tant leur sens même n'est toujours pas évident. C'est, en somme, ce que l'on peut déduire de l'épaisse et précieuse plaquette que le Crisp publie ce lundi - au "Jour J + 120" - sur les résultats du 10 juin, en filigranes de 104 pages très denses, avec force cartes et tableaux...
Au scrutin similaire précédent de 2003, les partis avaient vu leur score évoluer de façon symétrique dans les deux grandes Communautés. Il n'y a pas toujours cette symétrie en 2007, et aucune "famille" n'atteint un sommet ou un plancher historique même si les partis "oranges" (appellation commode) retrouvent en voix, pas en sièges, le premier rang qui fut jadis le leur (ci-dessus).
D'autre part, les partis de la coalition violette sortante ont été sanctionnés. Mais c'est à l'exception du MR, exception qui contrarie l'interprétation "vote-sanction" du 10 juin sauf à penser que le MR aurait d'abord été considéré comme un parti d'opposition au PS en Wallonie et à Bruxelles.
Toujours est-il, montrent les politologues, qu'il y a "concentration du leadership politique en Flandre et dualisation de ce leadership du côté francophone" . D'autres contrastes alimentent la thèse "selon laquelle le scrutin fédéral est plus que jamais le théâtre de deux élections distinctes". Ainsi, "le centre de gravité politique flamand est plus que jamais situé à droite" alors que, du côté francophone, l'ascendant historique pris par le MR ne suffirait pas à déplacer le curseur. Ainsi, encore, aucun parti francophone ne s'était déclaré favorable à une forte évolution institutionnelle.
Ce dernier contraste est le plus évident entre ex-sociaux-chrétiens. "La notion de famille reste cependant pertinente" , au regard notamment de la priorité toujours donnée à des exécutifs fédéraux symétriques. Ici, faut-il le redire, la seule bipartite praticable est l'orange bleue. Bien plus, le CD&V ne pourrait se passer de la N-VA que s'il s'engageait sur la voie d'une tripartite traditionnelle... Bref, le cartel est "incontournable" mais "doit rester uni dans la plupart des cas de figure pour conserver son rôle pivot" . Cela dit..., "il lui faut des alliés".
Ça va sans le dire, mais, ajoutera-t-on, peut éclairer l'émergence - à confirmer ! - de négociations enfin classiques auxquelles des compromis sont inhérents...
Savoir Plus
"Les résultats des élections fédérales du 10 juin 2007", par Pierre Blaise, Vincent de Coorebyter et Jean Faniel. "Courrier hebdomadaire du Crisp" n°1964-1965.
Obama - Beckham : 1-0 !
Le chauffeur d'Emir Kir arrêté
Mort de l'écrivain mexicain...
Britney Spears : 'Prête à...