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la scission de BHV

Un vote inéluctable : la rédaction du "Standaard" le pense

ariane van caloen

Mis en ligne le 08/11/2007

"Ce qui est arrivé ne pouvait pas ne pas arriver", estime le rédacteur en chef du quotidien flamand.

ambiance

Le mercredi 7 novembre 2007 a beau être un jour historique pour la Belgique, c'est presque un jour comme les autres à la rédaction du "Standaard". Le quotidien flamand a certes déployé les gros moyens pour suivre le vote en Commission de la Chambre : Peter Vandermeersch, le rédacteur en chef pour tout le groupe VUM, est allé sentir le pouls rue de la Loi avant d'écrire son édito et ce sont en tout 20 journalistes - dont certains relataient minute par minute sur le site Internet le déroulement de la journée - qui ont été mobilisés. Mais aucune émotion particulière ne transparaissait hier dans les locaux de Grand-Bigard.

Chronique d'une journée dans un quotidien d'influence. Il est 14h30. Toutes les télévisions sont allumées. Les journalistes attendent le vote en commission de la Chambre avec calme. Pieter De Crem, le président de la commission de l'Intérieur de la Chambre, demande si quelqu'un désire prendre la parole. Bart Sturtewagen, le rédacteur en chef du quotidien flamand, anticipe la réponse : "Niemand". L'élu du CD & V lance alors la procédure de vote. Comme prévu, les députés francophones quittent la salle. Bart Sturtewagen lâche "Bye-bye Belgium" qui fait évidemment allusion au docu-fiction de la RTBF qui parlait d'une sécession de la Flandre.

On entend quelques rires quand, à chaque vote sur les amendements proposés par les francophones, Tinne Van der Straeten (Groen !) s'abstient. Ce n'est absolument pas une surprise, mais cet acte de "dissidence" par rapport au front flamand a quelque chose de comique. Peut-être parce qu'il ne porte pas à conséquence...

Les francophones ayant quitté la salle, la TV flamande en profite pour interroger François-Xavier de Donnéa (MR). Que vont faire les libéraux maintenant que le vote a eu lieu ? Vont-ils quitter la table des négociations. "C'est le problème d'Olivier Maingain", commente Bart Sturtewagen. L'ancien bourgmestre de Bruxelles explique aussi, dans son beste vlaams, que la scission de l'arrondissement Bruxelles-Hal-Vilvorde (BHV) ne change rien au bien-être des Belges. Une affirmation qui fait tiquer le rédacteur en chef du "Standaard". "C'est très facile à dire. BHV touche à tous les équilibres belges. On ne peut pas dire que cela n'a rien à voir", explique-t-il.

"C'est difficile de faire accepter par les francophones que la scission de BHV ne signifie pas la fin de la Belgique", commente de son côté Karin De Ruyter, journaliste au service économique.

"'T is gesplitst"

Personne ne donne le sentiment de vivre un moment dramatique. "'T is gesplitst", se contente de dire Peter Cuypers (chef de la "eindredactie") quand la séance en Commission est terminée.

Pas grave si ce vote a uni les partis démocratiques et le Vlaams Belang ? "C'est gênant dans une certaine mesure. Mais c'est comme dans un jeu de poker. L'autre dit 'tu n'oseras pas'et on le prend au mot : on finit par oser", répond Bart Sturtewagen. Pour lui, "ce qui est arrivé ne pouvait pas ne pas arriver. C'était clair que les francophones l'avaient compris. Il fallait se positionner pour la phase ultérieure".

A la réunion de 15h30, un journaliste s'étonne d'avoir entendu un député dire "youpie, on a voté", alors que rien n'est résolu sur le plan communautaire. Un autre lui répond qu'on est "encore tôt dans l'après-midi".

En fin de journée, le site du "Standaard" titrait "Réunion de crise des francophones".

Le vote, c'était déjà du passé...

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