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L'Etat belge vit-il ses dernières heures ?
Mis en ligne le 08/11/2007
N e nous berçons pas d'illusions ! Depuis de nombreuses années, nous croyons que les problèmes communautaires sont le fruit des ambitions politiques. Et depuis autant d'années, nous nous berçons de cette illusion que le peuple belge est une réalité et un souhait majoritaire. Suffit-il d'apprécier notre littoral pour connaître le pouls de l'autre communauté ? Lisons-nous la presse flamande, regardons-nous leur télévision ? Partageons-nous leur culture ? Que d'énergie gaspillée dans ces vaines tentatives de conserver l'unité de façade. Régulièrement, des compromis sont nécessaires, et nous devons malheureusement constater que notre communauté, nos régions n'en sortent pas plus efficaces... Arrêtons les frais, et prenons notre avenir en main. (Vande Lanoitte)
La question n'est plus de savoir si la Belgique va disparaître, mais quand elle va disparaître. Ce ne sont pas ses dernières heures mais le processus de séparation a pris un grand coup d'accélérateur. (Thibaud de Borggraef)
Ce vote est symbolique et était psychologiquement nécessaire pour faire baisser la tension chez les Flamands après la surenchère de leurs partis et la caricature de la Flandre dans les médias francophones, à commencer par la RTBF. Oui, la Belgique a encore de très beaux jours devant elle. Wallingants et Flamingants, barst ! (Dans la vie, faut pas s'en faire)
Humiliation. Quelques instants après le vote unilatéral flamand, le sentiment qui m'habite en tant que Belge francophone est l'humiliation (d'après le Robert : "sentiment d'une personne rabaissée d'une manière outrageante ou avilissante, atteinte dans sa fierté, sa dignité"). Bien sûr, divers mécanismes constitutionnels censés protéger la minorité francophone dans l'Etat belge vont être activés. La belle affaire. Pour moi, le mal est fait. La confiance n'existe plus. J'attends maintenant avec intérêt la riposte du monde politique francophone.
Je lis déjà des déclarations de responsables MR et CDH affirmant que l'orange bleue peut continuer à négocier, si ce n'est sur l'institutionnel. Je suis plutôt sidéré. Ces gens n'auraient-ils aucun honneur ? Ils seraient mieux inspirés d'accorder leur priorité à l'établissement d'un projet d'avenir avec l'ensemble des forces politiques et sociales francophones (Ranstadt).
Quand on en vient à mettre foutre un PV à un bus pour avoir affiché les deux langues sur la terre sainte flamande. On se dit tout simplement qu'on ne peut plus vivre avec ces gens. A quand l'arrestation en rue pour conversation en français ? A quand le port obligé d'une marque particulière pour tout francophone ? C'est une vision extrême des choses, mais on se dirige actuellement plus vers celle-là que vers une augmentation des droits des francophones en périphérie.
Séparons-nous avant qu'on ne doive négocier une séparation encore plus douloureuse avec le Belang. Seuls, nous nous occuperons pleinement des problèmes des ex-Belges : l'environnement, l'énergie, le social, l'emploi, et nous n'aurons plus de compte à rendre à ces gens qui refusent le droit élémentaire à tout peuple (sans nom).
Léopold II avait vu juste : "Petit pays, petit esprit", avait-il dit. À l'heure où le pays a besoin de dynamisme économique; de solidarité pour les plus démunis, surtout face à la flambée des prix de l'énergie; de réformes structurelles, d'un enseignement de qualité, d'un budget correct, d'une politique internationale forte et solidaire, ses élus fuient leurs responsabilités pour choisir le repli communautaire et la politique populiste. Nous n'avons jamais été très gâtés, ce pays étant peu enclin à produire plus d'un ou deux vrais hommes politiques tous les dix ans, mais là c'est le sommet (Rayon vert).
Le jour du grand orgasme des nationalistes flamands était indispensable pour :
- montrer à l'opinion flamande que leurs représentants ont été jusqu'au bout...
- faire chuter la tension au sein de leur propre parti (surtout CD & V)
- passer à une phase dans laquelle les partis pourront et devront reprendre un peu d'autonomie et se repositionner dans un contexte plus vaste : celui d'un grand débat sur un nouveau modèle belge.
Je crois donc qu'il ne faut pas paniquer, et regarder l'avenir avec confiance. Je regrette par contre les tensions que les hommes politiques génèrent sur une partie de la population, la plus faible émotionnellement et intellectuellement. Cela risque de créer des tensions entre les gens qui pourraient conduire à quelques regrettables dérapages (Phc).
La meilleure nouvelle depuis longtemps. Voilà c'est fait. Nous avons enfin notre destinée entre nos mains, nous ne pourrons plus nous cacher derrière de fausses excuses, attendre que la Flandre nous aide. La Wallonie devra s'en sortir seule. Nous le pouvons. Il suffit d'oser prendre les décisions qui s'imposent : remettre le travail à l'honneur, arrêter les politiques de copinage.
Cette nouvelle est la meilleure depuis longtemps pour la Wallonie. Nous avons des pôles de recherche à la pointe, des leaders mondiaux (IBA, EVS, IRIS,...); des travailleurs trilingues, des usines compétitives, regardons nos forces et utilisons-les. Stop au défaitisme. Mais malheur à nous, si nous nous lamentons, comptons sur l'Europe pour remplacer la Flandre. Nous aurons le futur que nous méritons. Au travail, citoyen ! Soyons dignes et faisons en sorte que demain soit toujours meilleur qu'aujourd'hui (Xavier).
Le problème de cette crise est le compromis à la belge qui n'a pas permis de créer une situation claire et précise. En Flandre, on parle le flamand; en Wallonie le français; à Bruxelles les deux, et dans les cantons de l'Est, l'Allemand. À quoi bon créer des régimes intermédiaires ne servant qu'à créer des tensions ? Le pays et ses institutions sont bloqués pour 150000 personnes vivant dans une région néerlandophone et voulant parler leur langue maternelle. Cela représente moins de 2 pc de la population.
Serait-il si inacceptable de supprimer les facilités ? Certainement pour toutes une série d'hommes politiques usant et abusant de cette situation pour faire carrière. Que serait Olivier Maingain sans les communes à facilités ? Selon la même réflexion, la surpondération et garantie de représentation des partis flamands à Bruxelles est à mettre dans le même sac. Que l'on supprime tous ces régimes spéciaux et il y aura déjà moins de problèmes (Frédéric).
C'est peut-être mieux pour tout le monde. Vu l'état des choses, ce serait peut-être la meilleure solution pour la Wallonie (avec Bruxelles, bien entendu). On ne peut pas avoir le beurre et l'argent du beurre, comme le veulent les politiciens flamands. Dans la vie, il faut choisir et ne pas être rien que pour le bon mais aussi pour le mauvais. Exemple : Aéroport international en Flandre (pour les sous) mais les avions survolent Bruxelles (pour les nuisances) (David).
J'appelle à notre unité et à tous les Belges responsables, à se réunir devant le Palais royal pour que nous puissions faire entendre notre voix et dire non à ce que nous pouvons appeler un vote unilatéral, qui ne tient pas compte du vouloir du peuple (Xavier Jockmans).
C'est pas bientôt fini, ces gamineries ? Défiler, pétitionner, sortir les drapeaux, pleurnicher... Ca va impressionner les Flamands, vous croyez ? Vous allez vous retrouver à une douzaine de lodens verts à geindre sur les méchants. Et après ? (Sabaoth)
Paradoxe des paradoxes, c'est l'écologie politique qui a sauvé l'honneur belge fédéral. La seule députée flamande de la commission de l'Intérieur qui s'est abstenue sur le vote de la scission est une députée du groupe Ecolo-Groen ! En tant qu'écologiste, je suis absolument surpris par cette situation. Voir les écolos dans le rôle des partisans d'un statu quo, c'est assez original. Bien piètre consolation (Gugusse).
Les Flamands ont eu trop souvent l'habitude que les francophones s'aplatissent devant leurs revendications. Cette fois, il y a de la résistance et les Flamands n'ont pas l'habitude. Ils croyaient que comme toujours, un bon chantage suffirait. C'est raté.
Si les Flamands en ont marre, eh bien, qu'ils assument jusqu'au bout et mettent fin à l'Etat fédéral. Ils sont majoritaires, qu'ils aient le courage d'aller jusqu'au bout !
N'empêche, avec leur vote, on voit bien le peu d'estime qu'ils ont pour les Flamands de Bruxelles, car avec une scission pure et simple de BHV, les Bruxellois flamands n'auront probablement plus de représentant au parlement fédéral (Sylvie).
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