Abonnez-vous a La Libre Belgique

bhv

Le front francophone crie à l'agression

V. R.

Mis en ligne le 08/11/2007

Les présidents des partis francophones sont indignés. Ils enclenchent une procédure en conflit d'intérêt suspendant la procédure d'adoption de la loi sur BHV.

Ils sont arrivés au compte-gouttes, entre 16h50 et 17h30, à pied pour profiter sans doute de la présence des caméras massées devant le Parlement de la Communauté française. Didier Reynders était là le premier. C'est lui qui avait lancé les invitations. Elio Di Rupo a fermé la marche. Les quatre présidents de parti devaient définir une position commune après le vote intervenu en commission de l'Intérieur à peine une heure auparavant.

La discussion a duré jusqu'à l'heure où les journaux télévisés ouvrent l'antenne. A 19h10, ils faisaient leur entrée, ensemble, dans la salle de presse du Parlement. Ils tenaient en main un texte qu'ils avaient patiemment rédigé durant la réunion.

C'est Didier Reynders, le président de la plus importante formation francophone au niveau fédéral, qui a pris la parole en premier. Sur un ton grave, il a cadré le propos. "Nous considérons que ce qui s'est passé cet après-midi est une agression. Nous allons réagir. Par rapport au vote proprement dit, mais aussi de façon plus large."

Elio Di Rupo, président du PS, a dévoilé le dispositif. "La riposte, a-t-il dit, se fera via le Parlement de tous les francophones, celui de la Communauté française. Jeudi, une motion relative à une motion d'intérêt sera discutée. Elle sera votée le lendemain en séance plénière." C'était cousu de fil blanc. La procédure suspendra le processus parlementaire à la Chambre et ouvrira une période de maximum 120 jours - 4 mois - pour une conciliation. De quoi donner de l'air à la poursuite éventuelle de la négociation de l'orange bleue.

Pour le coup, la négociation est suspendue. "Une négociation, a expliqué Joëlle Milquet, présidente du CDH, c'est un dialogue. Si on fait le choix de l'imposition, on suspend le dialogue." Elio Di Rupo a expliqué pour sa part qu'il ne comprendrait pas "que la formation du prochain gouvernement se poursuive comme si ne s'était passé". Et Didier Reynders a acquiescé. Mais il n'a pas non plus enterré l'orange bleue. "On prendra attitude au début de la semaine prochaine."

Les francophones ne veulent pas seulement apporter une réponse au "coup de force" en commission. Ils veulent davantage : un appel à la responsabilité, "pour rétablir la loyauté fédérale dans le respect mutuel". Sous quelle forme ? Cela n'est pas clair. "Cet appel, a précisé Joëlle Milquet, doit prendre la forme d'un dialogue serein entre tous les partis démocratiques du pays." Mais pas plus. Les leaders francophones devraient se voir en début de semaine prochaine pour donner un contenu concret à leur appel. Elio Di Rupo a appelé de ses voeux l'organisation d'une conférence nationale. "Les Flamands doivent dire vers quoi ils veulent aller", a-t-il argumenté. Mais cette idée n'a, pour l'heure, pas forcément trouvé écho auprès de ses homologues.

Autres Informations

Facebook

À ne pas manquer

ESSENTIELLE

Retrouvez toute l'actualité féminine, mode et bien-être sur le site essentielle.be

Voyages

Destinations exclusives et parcours culturels.

Emploi

Trouvez un job

Haut de page