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Bisbille wallonne sur crise romantique
paul piret
Mis en ligne le 08/11/2007
Tiens, une télé flamande, ce mercredi matin au Parlement wallon. Serait-ce que la VRT se passionne pour l'ajustement budgétaire 2007, ou est pendue parmi d'autres questions d'actualité aux chaudières biomasse à chargement automatique ?
Pardi non ! S'ils sont ici, c'est que les esprits sont ailleurs. L'assemblée ne bruit que des initiales BHV. Pour RTL, Van Cau retrouve le sourire en expliquant que "ce qui contribue à stabiliser le pays, ce sont les régions qui fonctionnent normalement".
Après la pause du midi, ils sont d'abord 3 ou 4 députés en séance. Les autres sont scotchés aux télés. "Qui a les dernières nouvelles ?", interrogent les ministres à leur entrée. Jean-Claude Marcourt, qui a connu de chauds moments belgo-belges, confie : "C'est une crise romantique; c'est ce qui la rend si irrationnelle et difficile à surmonter".
Piquant. À 14h37, le confrère flamand est le premier au courant, lançant à la volée : "Ils sont en train de voter !". Bientôt, le président d'assemblée interrompt ses travaux pour l'en informer. José Happart surprend son monde en annonçant le dépôt d'une motion : "On n'a pas de pouvoir institutionnel direct, mais ce n'est pas pour ça qu'il faut se taire". Plus tard, il se dira "de bonne humeur, aujourd'hui".
"Quél'affaire !", lancent des députés dépités. "On n'en est pas encore au temps des barricades", nuance le MR Serge Kubla à la VRT. Pour qui le ministre CDH André Antoine évoque un "vote outrancier" : 1° les Flamands "ont choisi de s'associer avec l'extrême droite"; 2° "on a rompu les grands équilibres négociés durant 40 ans"; 3° "ce n'est pas un problème d'orange bleue, mais francophones/néerlandophones".
Vaille que vaille, l'ordre du jour s'écoule. "La vie continue. Ce qui compte pour beaucoup de nos concitoyens, c'est vivre décemment : se loger, se nourrir, se chauffer", introduit comme pour s'en excuser Guy Milcamps (PS), dans sa question sur les aléas des achats groupés de mazout.
En marge, Rudy Demotte (ci-contre) en appelle à ouvrir le jeu politique. "Si c'est pour rouvrir la porte au PS, Joëlle Milquet ne va pas déchirer sa chemise. Les tuniques bleues, c'est moins sûr", ironise un vieux briscard CDH.
Tiens (bis), Demotte met aussi en garde contre "toute attitude unilatérale de la Région wallonne". Mais alors, le projet de motion de Happart - enfin, de "déclaration", rectifiera-t-il par la suite ? Le PS se tâte. Le CDH freine. "Insensé, maugrée un élu MR. Tout ça parce que c'est la Com munauté française, seule compétente, qui aura la vedette. Pour une fois, qu'il vienne plutôt voter avec nous au Parlement !".
Passé 17 h, une négociation s'engage impromptue au perchoir. Et tourne court. Le Président perd son sourire. "Malheureusement, il n'y a pas consensus. Je ne peux pas donner de communication. Je ferai les déclarations que je veux au dehors". Il mettra ensuite la difficulté à dos du seul CDH. Pourtant, à ce que l'on croit savoir, Elio Di Rupo lui a intimé l'ordre de renoncer à son initiative, autant que Joëlle Milquet a téléphoné l'injonction aux siens. Notamment, imagine-t-on, pour couper court à toute initiative similaire de la Région bruxelloise qui serait autrement délicate...
Et que voulait-il mettre dans sa "déclaration", José Happart ? "Faire acter, dit-il à la presse, que le vote intervenu est une rupture unilatérale du consensus classique. Et répéter la solidarité des Wallons avec Bruxelles, les communes à facilités, Fourons, les communes à statut spécial".
Allez, voilà qui est déclaré.
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