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Le roi demande un "dialogue" pour rapprocher Flamands et Wallons

BELGA

Mis en ligne le 08/11/2007

Le roi des Belges Albert II a demandé jeudi aux présidents des deux chambres du Parlement d'entamer un "dialogue" sur les institutions du pays afin de "renforcer la cohésion" entre Flamands et francophones, au lendemain d'un coup de force des députés flamands.

Albert II demandera ce week-end aux présidents de la Chambre et du Sénat de "prendre une initiative afin d'entamer un dialogue sur la poursuite de l'élaboration équilibrée de nos institutions et un renforcement de la cohésion entre les communautés", selon un communiqué du palais.

Le président du Sénat est le libéral francophone Armand De Decker, celui du Sénat le chrétien-démocrate flamand Herman Van Rompuy. Ce dernier avait joué en septembre un rôle d'"explorateur" qui avait ramené temporairement une certaine sérénité dans les difficiles négociations pour former un gouvernement belge entamées au lendemain des législatives du 10 juin.

Ce communiqué a été diffusé juste après que le roi eut reçu le dirigeant chrétien-démocrate flamand Yves Leterme, qui tente en vain depuis cinq mois de bâtir une majorité gouvernementale de centre-droit baptisée l'"Orange-bleue" et qui comprendrait les partis chrétiens-démocrates et libéraux tant francophones que néerlandophones. Le roi a demandé à M. Leterme de "poursuivre sa tâche afin qu'un gouvernement fédéral puisse être rapidement constitué", selon le communiqué.

"Ceci est important pour le bien-être de tous les citoyens de notre pays, pour la crédibilité de la Belgique et sa nécessaire cohésion", ajoute ce texte du palais, plus long qu'à l'accoutumée mais qui, contrairement à des communiqués récents, n'utilise pas le terme de "crise". Selon le politologue Jean Faniel, interrogé par l'AFP, "le roi ne désavoue pas Yves Leterme, puiqu'il ne le décharge pas de sa mission. Mais en même temps, le roi constate qu'il n'a pas été en mesure de résoudre la dimension communautaire de la crise et il l'encadre par les présidents de la Chambre et du Sénat, un Flamand et un francophone membres des partis de l'+Orange bleue+".

Albert II a pris ces décisions après le vote mercredi par les députés flamands d'un texte hostile aux francophones, marquant une rupture avec la tradition du compromis en Belgique. Les parlementaires flamands ont pour la première fois usé de leur majorité pour adopter en commission une proposition de loi "scindant l'arrondissement électoral de Bruxelles-Hal-Vilvorde", seul arrondissement bilingue de Belgique.

Ce texte, s'il est approuvé en séance plénière, ne permettrait plus à l'avenir à 120.000 francophones de la périphérie flamande de Bruxelles de voter pour des candidats de Bruxelles parlant leur langue.

Savoir Plus

Le Parlement flamand recouvert de graffiti

Les murs extérieurs du Parlement flamand ont été recouverts de graffiti dans la nuit de mercredi à jeudi. Des slogans tels que "les Flamands dehors" et "Belgique unie, sinon rien", écrits en rouge et noir, font référence au vote mercredi en Commission de l'Intérieur de la Chambre des propositions de loi flamandes de scission de l'arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde. Les auteurs ont agi en dehors du champ des caméras de surveillance, a indiqué Dirk Nuyts, porte-parole du Parlement flamand.

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