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crise politique

La presse flamande, incrédule, indignée ou dépitée...

P.G.

Mis en ligne le 09/11/2007

Pour Yves Desmet, dans le "Morgen", le psychodrame de mercredi n'a été qu'une mascarade.

Jour J + 1. Sans surprise, les quotidiens flamands consacrent tous leurs éditoriaux au vote de la veille en commission de la Chambre. Mais un éditorial surprend : celui du "Morgen", intitulé (en français) "Ceci n'est pas une crise", et donnant un éclairage nouveau au titre de "Une" (toujours dans la langue de Molière) : "Coup de théâtre". Car pour Yves Desmet, la journée de mercredi, ce fut "dans le sens le plus littéral du terme, du théâtre politique de premier ordre".

"Mais", ajoute-t-il, "la mise en scène paraît, ça et là, un peu sommaire. Il y a eu beaucoup trop peu de portes qui claquent, et de déclarations fracassantes, et personne n'a évoqué la faillite évidente des négociations menées par Yves Leterme". Et puis cette autre "faute de scénario" : "au lieu de s'invectiver et de se rejeter mutuellement la responsabilité de la crise annoncée, bref, d'exécuter tous les rituels qui caractérisent une crise véritable, les négociateurs ont directement lancé la piste d'un gouvernement de nécessité aux objectifs limités".

Suit alors cette hypothèse : "Et si la journée de mercredi n'était qu'une mise en scène soigneusement orchestrée dans le but de débloquer les négociations ?" Cela expliquerait "cette incroyable semaine de vacances d'automne" que les négociateurs se sont tous octroyée alors que l'échéance de mercredi était connue. Et puis "ce vote aux apparences de crise comporte aussi un certain nombre d'avantages. Ainsi, les deux parties peuvent retourner vers leurs bases respectives sans avoir perdu la face."

La "Une" du "Laatste Nieuws" est incendiaire : "Qui les croit encore ?" en rouge sur les visages de Jo Vandeurzen et d'Yves Leterme. La phrase originale était de ce dernier, datait de quelques semaines avant les élections et concernait la coalition violette : cruel retour de boomerang. En page 2, Luc van der Kelen n'est guère plus amène : pour lui, le vote "en effet historique" de mercredi est "une amère défaite pour le formateur Yves Leterme". Notamment parce que "c'est la manière la plus sûre de ne pas scinder BHV".

Mais pour l'éditorialiste, "le 7 novembre est devenu une triste journée dans l'histoire de la fédération belge. Cela restera le jour où la Flandre s'est manifestée comme une puissance impérialiste. [...] La singularité de la Belgique est que majorité et minorité se sont mises d'accord pour tout régler dans le pays par la concertation et non par la dictature du nombre. Beaucoup de par le monde regardaient la Belgique avec admiration pour cette raison. Hier, le bourgmestre d'Aalter (Pieter De Crem - NdlR) a mis une fin à cet état de fait."

Peter De Backer, dans le "Nieuwsblad", estime que "les Flamands se sont tiré deux fois dans le pied" car ils risquent de devoir attendre longtemps non seulement la scission de BHV mais aussi la prochaine réforme de l'Etat.

Enfin, pour le "Standaard", le vote de mercredi est "une bonne chose" mais en aucun cas un signal pour l'avènement d'un gouvernement de nécessité, qui s'occuperait exclusivement de thèmes socio-économiques, sans ambition communautaire. "Un gouvernement socio-économique, c'est du bricolage. Il n'offrirait aucune réponse aux défis qui se posent à ce pays", conclut Peter Vandermeersch.

P.G.

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