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CRISE POLITIQUE

Inquiétude des investisseurs étrangers

Charlotte Mikolajczak

Mis en ligne le 28/11/2007

La stabilité politique comme la transparence sont décisives pour les investisseurs étrangers. De même que l'emploi, trop peu qualifié en Wallonie.

Le climat politique actuel interpelle les investisseurs étrangers. Ceux qui sont déjà en Belgique, mais surtout ceux qui ne le sont pas encore. "Clairement et à court terme, la crise gouvernementale peut décourager les investisseurs potentiels, voire les détourner, indique Marcel Claes, CEO de l'Amcham Belgium, la chambre de commerce américaine en Belgique. La stabilité politique est décisive, comme la transparence. C'est vrai pour tous les investisseurs étrangers, pas plus les Américains que les autres, quel que soit leur secteur d'activité." Et d'assurer, sans toutefois dévoiler de nom, que plusieurs sociétés actuellement hésitent à faire le pas.

Le fédéralisme de la Belgique et donc l'autorité de gouvernements régionaux sont insuffisants aux yeux d'un investisseur. "Ils veulent des mesures claires et durables, poursuit Marcel Claes. Prenons le cas des intérêts notionnels; rien ne dit qu'ils vont rester inchangés. Une hésitation qui ne pardonne pas."

Un sujet que le ministre-Président de la Région wallonne, Rudy Demotte n'a pas abordé hier devant une soixantaine de membres de l'Amcham. "Vous avez remarqué que je n'ai pas parlé des matières institutionnelles, a-t-il dit. Cela nous change en cette période de négociation, mais cela traduit l'état d'esprit du gouvernement wallon. Depuis que j'ai pris mes fonctions, je l'ai dit : les Wallons doivent être conscients du fait que leur avenir dépend d'eux-mêmes." Rudy Demotte s'est surtout employé à casser certains clichés et à rappeler les points marquants du plan Marshall. "Pour certains, la Wallonie semble être une région sur le déclin. Je veux vous faire savoir que ce n'est plus le cas", a-t-il souligné, citant une série de chiffres relatifs au chômage, à la productivité ou encore à la mobilité des travailleurs. "Pour une partie d'entre eux, la Wallonie fait mieux que la Flandre", a-t-il répété

Réserve d'emplois

"Un des atouts de la Wallonie, ajoute Marcel Claes, est peut-être d'avoir été... à la traîne et d'avoir un taux de chômage important dont de la réserve. Son nouvel esprit d'entreprise en est un autre." A ses yeux "d'étranger", "le plan Marshall est une bonne approche pour changer les mentalités et attirer des entreprises."

Les Etats-Unis pourraient y augmenter leur part de marché : sur les 130 à 140 000 emplois directs fournis en Belgique par des entreprises américaines, la moitié est localisée en Flandre, 35 pc à Bruxelles et 15 pc en Wallonie. Ce qui ne les empêche pas d'être déjà à ce jour le premier investisseur étranger en Wallonie. "En termes de sociétés, c'est le Brabant wallon qui l'emporte (50 pc); mais en termes d'emploi, c'est le Hainaut qui, avec 20 pc des sociétés, atteint la moitié de l'emploi." Il faut dire que c'est sur son sol que les plus grandes sociétés américaines pourvoyeuses d'emplois (*) sont installées comme Caterpillar (4600) et Baxter (2000). "Toutes les autres sont un cran plus bas, sous la barre des 1000 emplois", ajoute Marcel Claes.

L'emploi, précisément, semble être un souci pour toutes les entreprises. "En termes de compétences d'abord, de mentalité ensuite, indique Thierry Hansen de Caterpillar Belgium. Les Wallons doivent, comme l'a dit M. Demotte, s'aider eux-mêmes. Non que cela nous ait empêchés d'envisager une éventuelle extension, mais tout simplement de soutenir l'activité actuelle." "Tout est question de formation, confirme pour sa part Kris Westelinck de Pfizer, surtout présente en Flandre et à Bruxelles. Les jeunes ne sont pas assez attirés par les études scientifiques." Et c'est pareil dans l'informatique comme dans l'hôtellerie. "On s'y est pris un an à l'avance, indique Philippe Visette (Dolce International à La Hulpe), mais le jour de l'ouverture, nous n'avions que la moitié du personnel prévu."

(*) A noter que l'anglo-américaine GSK est membre de l'Amcham; mais, étant cotée à Londres, est considérée comme britannique dans ses statistiques. Quant aux emplois fournis par IBM (2500), où qu'ils soient effectués, ils sont tous enregistrés à Bruxelles.

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