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Édito

La Flandre peut-elle être pauvre ?

Mis en ligne le 28/11/2007

Par Francis Van de Woestyne

Il faut, disent les Flamands, régionaliser de nouvelles compétences. La démonstration est simple : le maintien du système fédéral actuel, contribuera à appauvrir la Flandre. Vrai ? Faux ? Trois remarques.

1. Appauvrir la Flandre ? Tout est relatif. La Flandre est une des Régions les plus prospères d'Europe. Cette prospérité n'est pas un don du ciel : les Flamands la doivent à leur dynamisme, à leur esprit d'entreprise, à leur inventivité, à leur audace, à leur force de travail. La Flandre est riche. Bravo. Y a-t-il péril en la demeure ? Pas vraiment. Les ministres du gouvernement flamand se disputent deux fois l'an. Une fois lors de la confection du budget parce qu'il n'est pas simple de répartir, entre les départements, les énormes moyens financiers dont la Flandre dispose. Une deuxième fois lors du contrôle budgétaire... lorsque l'on s'aperçoit que, tout compte fait, il y a plus d'argent encore dans les caisses et qu'il faut à nouveau partager le magot.

2. Ce qui pourrait entraîner la Flandre dans une infernale spirale de pauvreté (!), disent les leaders flamands, ce sont les transferts du Nord vers le Sud du pays. 10 milliards selon les experts flamands, 3 milliards selon les experts wallons. C'est encore trop. OK. Dans tout Etat, il y a des transferts entre régions. Et l'étude du professeur Capron (ULB) démontre que parmi les arrondissements bénéficiaires de transferts, il y a des arrondissements flamands. L'image d'une Wallonie à la traîne doit donc être nuancée.

3. C'est bien dans le cadre d'un système fédéral belge que ce miracle économique s'est produit. Le fédéralisme n'a pas freiné l'enrichissement flamand. N'est-il pas un peu triste de constater que le principal moteur de la pensée politique flamande, est l'enrichissement matériel de leurs administrés, déjà bien nantis ? Les partis politiques n'ont-ils rien d'autre à promettre à leurs électeurs que des moyens complémentaires pour acheter, en plus de la Mercedes et de la Golf, un 4X4 pour le dimanche, une nouvelle fourrure pour madame, une laisse en or pour Médor ? La solidarité, la générosité n'ont-elles plus cours ?

Cela ne signifie évidemment pas que tous les transferts soient justifiés. Les abus doivent être combattus de la manière la plus forte. Cela ne signifie pas non plus qu'un Etat fédéral soit à jamais figé : des évolutions sont inévitables voire parfois souhaitables. Mais utiliser la crainte d'une paupérisation comme argument pour obtenir de nouvelles compétences, c'est jouer sur une peur infondée.

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