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crise politique
Dans les écoles, la peur de l'inconnu
Laurent Gérard
Mis en ligne le 14/12/2007
Dans huit écoles fondamentales (six communales et deux libres), réparties sur cinq communes (Drogenbos, Kraainem, Linkebeek, Rhode-St-Genèse et Wezembeek-Oppem), près de 2 400 enfants sont concernés par le vote intervenu, jeudi, en commission du Parlement flamand. Comment y a-t-on accueilli cette proposition de décret confiant à la Flandre l'inspection pédagogique dans les communes de la périphérie bruxelloise ?
Sans surprise, mais avec des craintes, pourrait-on résumer. C'est que le système actuel fonctionne "sans problème", explique Arianne Calmeyn, directrice de l'école communale "La fermette", à Wezembeek-Oppem. "La Flandre paye pour nos enfants et nos enseignants. Elle effectue l'inspection administrative (gestion,...), mais c'est la Communauté française qui, depuis sa création, s'occupe de l'inspection pédagogique. Notre enseignement est francophone, c'est le choix des parents qui doit être respecté."
Il n'y aurait donc aucune raison pour que cela devienne l'affaire d'inspecteurs flamands. "Je crois qu'ils veulent nous mettre au pas, entrer dans nos écoles et vérifier si on répond à leurs attentes, poursuit-elle. Mais si le rapport d'inspection est mauvais, les conséquences financières pourraient être très lourdes. Or, 80 pc du financement de nos écoles vient de la Communauté flamande. Si elle arrête de nous subsidier, c'est le début de la fin", craint Mme Calmeyn.
Des violons à accorder
Des craintes que l'on perçoit aussi clairement chez sa collègue d'une autre école concernée, dont les élèves se dirigent ensuite également vers l'enseignement secondaire francophone. "L'inspection administrative, par la Flandre, et la vérification linguistique, par le fédéral - qui consiste à voir si l'élève est bien domicilié dans la commune à facilités -, se passent très bien toutes deux. Mais pour l'inspection pédagogique, nous allons vers l'inconnu et cela fait peur. Flandre et Communauté française n'ont pas les mêmes socles de compétence, forcément. En maths, il ne devrait pas y avoir de problèmes. Par contre, en langue maternelle, bien sûr, mais aussi en sciences, histoire ("je suppose qu'ils étudient l'histoire de la Flandre") et géographie, on ne pourra pas accorder nos violons sur une série de choses." Néanmoins, cette directrice attend de voir comment, concrètement, la Flandre compte mettre en place cette inspection pédagogique. "Je ne peux encore dire si ce sera mieux ou moins bien. Tout dépendra de ce qu'ils vont exiger de notre part. Ce sera faisable si on nous donne une période d'adaptation, avec des conditions particulières pour nos écoles. Mais s'il s'agit de répondre à la lettre aux socles de compétence de la Communauté flamande, il y aura un problème. La Flandre pourrait alors dire que nos élèves n'ont pas le niveau suffisant pour obtenir leur diplôme de primaire. Si, par contre, on trouve un compromis et que les élèves atteignent les exigences de la Communauté flamande, je ne sais pas si la Communauté française acceptera ce diplôme pour inscrire un enfant. Dans les deux sens, il y a un souci."
"Cela dit, poursuit-elle, on essaye déjà depuis longtemps de s'aligner sur la Flandre qui a une autre manière de travailler, avec des obligations bien précises autour de certains projets. On a toujours essayé de trouver un bon équilibre entre les exigences flamandes et francophones et il y a un niveau de néerlandais suffisant dans l'école pour, si jamais un inspecteur flamand débarque, pouvoir lui expliquer ce que l'on fait en néerlandais."
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