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Le surendettement loin de disparaître
Grégoire Comhaire
Mis en ligne le 14/12/2007
Un crédit à la consommation peut parfois s'avérer tentant, et ne pose en soi aucun problème majeur lorsqu'aucun facteur ne semble pouvoir se profiler à l'horizon pour en contrecarrer son remboursement. Quoi de plus naturel en effet que de s'endetter pour acquérir tout de suite ce que les moyens du moment ne permettent pas et reporter à plus tard le délicat moment d'appauvrir son compte en banque, à l'heure où la ligne de crédit est devenue aussi banale que ne l'étaient les pièces d'or il y a quelques siècles...
Les problèmes commencent lorsqu'au remboursement et au paiement des intérêts viennent s'en greffer un autre, et encore un autre. Et lorsqu'à cela s'ajoutent une facture énergétique importante ou une dépense de soin de santé imprévue, le piège se resserre. C'est la spirale de l'endettement. Un phénomène loin d'être nouveau et que la hausse des prix ressentie ces derniers mois partout en Belgique ne fait rien pour améliorer. "On sent une pression de plus en plus forte de l'extérieur, explique d'ailleurs Jan Willems, directeur du service médiation financière du CPAS de Bruxelles. "Nous devons même refuser du monde car nous n'avons pas les capacités humaines pour traiter autant de dossiers, ajoute-t-il.
Dossiers difficiles
S'il est néanmoins difficile de mesurer à son niveau l'augmentation des dossiers de surendettement, Jan Willems concède néanmoins l'augmentation substantielle de dossiers particulièrement difficiles à traiter. "De plus en plus de gens multiplient les crédits à la consommation, poursuit-il. C'est un gros problème car il devient de plus en plus tentant de s'endetter. Les magasins font miroiter des offres alléchantes à des taux qui frôlent parfois en réalité les 19 pc. Il faut être très fort pour résister à ce genre de tentation."
Outre les crédits à la consommation, nombre de dossiers de médiation comportent également des dettes fiscales, allant de l'impôt des personnes physiques, à la taxe régionale en passant par des amendes de roulage impayées. Enfin, les factures énergétiques et de soins de santé sont rarement absentes des dossiers de médiation que traitent Jan Willems et son équipe. "Un autre problème est en effet que les gens prennent peur devant les rappels ou les lettres d'huissier, explique-t-il. Certaines personnes privilégient le paiement de leur crédit bancaire en négligeant de payer leur facture d'électricité. Or la conséquence d'une telle attitude risque de leur être extrêmement préjudiciable dans leur vie de tous les jours."
Jan Willems plaide donc pour qu'à côté de la médiation de dettes se mette en place un véritable travail d'éducation à la consommation. Seule solution selon lui à l'endiguement du phénomène de surendettement. Pour le seul CPAS de Bruxelles, 467 personnes sont à l'heure actuelle en médiation de dettes.
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