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antiterrorisme

Bruxelles cible de la terreur ?

Roland Planchar

Mis en ligne le 22/12/2007

Un attentat "après la fête du sacrifice"? Il fallait appliquer le principe de précaution, mais il n'y a aucune certitude. L'enquête sur un projet d'évasion de Nizar Trabelsi a mis un groupe dur en lumière. Les lieux publics sont sécurisés jusque janvier.

C'est jeudi en soirée que les responsables de police bruxellois ont été invités à participer à une réunion importante vendredi matin à 7h30. Ils allaient y apprendre qu'une vague de perquisitions "antiterro" était en cours et qu'il y avait un éventuel risque d'attentat à la clef.

Un inconnu et Malika

C'est qu'un nouveau projet d'évasion de Nizar Trabelsi, ce Tunisien actuellement détenu à Nivelles après avoir été condamné en juin 2004 pour un projet d'attentat contre la garnison américaine de la base aérienne belge de Kleine Brogel, avait été éventé. Ce n'était pas le premier (lire par ailleurs) mais, selon des informations découlant d'une enquête proactive, avec son cortège de "méthodes particulières de recherche" dont les moindres relèvent de l'écoute téléphonique, il était cette fois question de l'emploi d'armes et d'explosif ainsi que de complicités externes dans un groupe qui n'est que partiellement connu des enquêteurs.

Quatorze de ces personnes, dont des proches de la filière des assassins "belges" du commandant afghan Ahmed Shah Massoud, abattu en 2001 (la veuve de l'un d'eux, Malika El Aroud, a été privée de liberté et reste considérée comme "dangereuse"), ont donc été interpellées vendredi, à la suite de quinze perquisitions menées par plusieurs dizaines d'enquêteurs de la police fédérale sous la houlette du parquet lui aussi fédéral et de la juge bruxelloise Isabelle Panou, spécialisée depuis peu en la matière.

Prison(s) visitée(s)

Ces perquisitions se sont déroulées principalement dans l'arrondissement de Bruxelles, mais pas seulement. Où ? Si la juge a souhaité qu'on en dise peu, "La Libre" a néanmoins appris qu'une ou plusieurs prisons comptaient parmi les lieux visités. Mais tout le monde devait-il être placé sous mandat d'arrêt ? "La juge décidera dans le courant de la journée si elle décerne mandat d'arrêt à l'encontre de l'une ou l'autre de celles-ci", déclarait vendredi en conférence de presse Lieve Pellens, porte-parole du parquet fédéral. Avant de préciser vers 18 heures que Mme Panou en aurait sans doute pour la nuit vu la complexité des choses.

En tout cas, "le but de l'opération est d'une part de réunir les éléments de preuve de la tentative d'évasion de Nizar Trabelsi et d'autre part d'agir de manière dissuasive à l'égard d'autres projets éventuels futur du groupe". C'est que, dans l'enquête sur ce projet d'évasion, "un groupe de personnes animées par une vision extrémiste de l'islam a pu être mis en évidence", a dit Mme Pellens. Sans préciser cependant qu'une incertitude pèse sur le nombre de ses membres et sans dire qu'une des personnes interpellées était même inconnue des services de police et de renseignement.

Un flou relatif qui est sans doute pour une part (l'autre découlant de la proximité des fêtes de fin d'année et du principe de précaution) dans la crainte d'un attentat, puisque la justice ignore si elle a "purgé" toute cette mouvance ou non et, donc, si des "représailles" sont possibles. Ou si un attentat était programmé, comme cela fut relevé dans les pistes de travail des policiers, pour peu après la "fête du sacrifice" musulmane. Cet Aïd El Kebir des 19 et 20 décembre...

Perquisitions : pas d'armes

Bref, vendredi matin, c'est donc avec célérité que les zones de police ont mis en place des mesures de sécurité du type "sommet européen" (lire p. 4). Même si les perquisitions, apprit-on en fin de journée, n'avaient permis de découvrir ni armes ni explosifs - sans que cela enlève grand-chose au sérieux de la menace.

En tout cas, l'affaire, c'était prévisible, a suscité des réactions. Alain Lefèvre, directeur général du Centre de crise, tout en demandant la vigilance du public, a déclaré qu'il n'y a "pas de raison de céder à la panique". Le Premier ministre Guy Verhofstadt (VLD) a de son côté déclaré "qu'un attentat pourrait être en cours de préparation [...] . Mais la situation est suivie de près afin de pouvoir infléchir les mesures en cas de besoin. L'action d'aujourd'hui montre que, en Belgique, la lutte contre le terrorisme s'organise de manière intégrée, coordonnée et que les différents services veillent à notre sécurité."

L'ambassade des Etats-Unis d'Amérique de Bruxelles a elle-même mis en garde ses nationaux qui comptent voyager vers la Belgique contre le "haut risque d'attaque terroriste" dans la capitale, en les invitant à "un haut degré de vigilance", mais en relevant dans la foulée qu'ils n'étaient pas particulièrement visés.

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