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antiterrorisme

La Belgique déjà menacée par le passé

R.P.

Mis en ligne le 22/12/2007

Quel est le risque véritable ? Et quid de la position belge dans la galaxie terroriste ?

Une éventualité, une possibilité". Les autorités, en évoquant un possible attentat, étaient confrontées vendredi à un double risque : celui qu'il se produise et celui d'une panique inutile. Mais que valent l'un et l'autre ? Ce n'est pas la première fois que le terrorisme islamique suscite une telle alerte, dans notre pays. Ainsi, les 24 et 25 juillet 2004, le quartier général du Shape, à Casteau, était mis en quarantaine et toute la région en alerte, en raison de menaces précises venues d'Italie contre ses locaux. Il ne s'était rien passé.

Plus spectaculaire et plus ancien, un tract d'Abou Hamza el Afghani publié par le quotidien arabe "Al Hayat" le 27 juin 1999 promettait, au nom du GIA algérien (Groupes islamiques armés), que "la Belgique et ses habitants connaîtront une mer de sang". En cause : le jugement et la détention de terroristes arrêtés en 1998 rue Wéry à Ixelles. Il était question de "massacres", d'"égorgements" et de "prises d'otages". Si on avait appliqué pendant quelques jours des mesures de sécurité très durcies, il ne s'était rien produit, là non plus.

Le passé belge ne plaide donc pas en faveur de la panique. Et c'est vrai que si notre pays a plusieurs fois détecté et jugé des filières terroristes, c'était à chaque fois à propos d'actions prévues ou réalisées à l'étranger. En effet, on estime généralement que la Belgique sert avant tout de base arrière à divers groupes, mais pas de terrain d'action. Il ne faut pourtant pas se leurrer.

Certes, il paraît bien peu probable que des personnes passent à l'action dans le contexte présent, à l'aune de la "simple" actualité belge et de ses éventuelles implications internationales. Si les Belges sont en Afghanistan, ce n'est pas neuf. Et, certes encore, on a dûment noté à cet égard la connotation "dissuasive" de l'action de vendredi, telle qu'évoquée par le parquet fédéral - ce n'était pas un hasard.

Mais chacun répète depuis des années, dans le milieu de l'antiterrorisme et dans la sphère politique, que tout peut basculer à cause de deux facteurs déterminants. Un : Bruxelles, c'est l'Europe. Et qui voudrait s'en prendre non à l'Espagne (attentats de Madrid, 11 mars 2004, 191 morts et 1 900 blessés), non au Royaume-Uni (attentats de Londres, 7 juillet 2005, 54 morts et 700 blessés) mais à l'Europe pourrait frapper Bruxelles. Deux : Bruxelles - ou plutôt Evere -, c'est aussi l'Otan, maître de manoeuvre à Kaboul. Ce qu'on ne peut jamais perdre de vue.

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