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antiterrorisme

Admirateur de Ben Laden et colérique

ROLAND PLANCHAR

Mis en ligne le 22/12/2007

Trabelsi a raconté comment il avait parlé avec le leader terroriste. Et il a menacé ceux qui le gardent en prison.

PORTRAIT

L'homme a de la gueule. Avec ses lunettes "sérieuses", sa calvitie et sa barbe sombre, Nizar Trabelsi a "changé de look" et en impose, en prison, où il fait désormais figure sinon de meneur, du moins d'"intouchable", même s'il est le plus souvent à l'isolement. Alors que, à son arrestation le 13 septembre 2001, cet ancien joueur de football (Tunisie, Allemagne, Belgique, jusqu'en 1995), déjà chauve mais encore glabre, faisait, somme toute, un peu "gamin".

Si on avait d'abord cru à un illuminé, à cause de son projet d'attentat (le premier du genre en Belgique) contre les soldats américains de la base de Kleine Brogel (Limbourg), son rôle dans le terrorisme avait pris du poids avec les découvertes des enquêteurs et ses propres aveux. Il avait, par exemple, reconnu - non sans une fierté mal placée - avoir longuement bavardé avec Oussama Ben Laden, auquel il voue clairement de l'admiration, même s'il a évité de cautionner les effroyables attentats commis aux USA deux jours avant son arrestation à Uccle.

A-t-il "enjolivé" son parcours en prétendant, par exemple, avoir passé une journée presque complète dans l'hélicoptère personnel du patron d'al Qaeda, dans la région de Bamyan - au centre de l'Afghanistan, là où les talibans ont tiré au canon sur les bouddhas monumentaux ? On l'ignore, mais il s'est bien rendu dans ce pays.

Une interview et des suites

L'homme, en tout cas, est finalement resté bien plus à l'actualité qu'on s'y attendait. Par exemple, en accordant une interview à nos confrères de la RTBF, le 14 novembre 2002. Qui allait susciter une perquisition dans les locaux de la chaîne publique ainsi qu'une inculpation pour faux contre Trabelsi, lequel avait rédigé une fausse demande d'appels téléphoniques prétendument pour parler à son avocat, en fait pour contacter la presse...

Interview - quarante minutes en cinq conversations - où il disait, précisément, tout son respect pour Ben Laden et expliquait que son engagement venait de la vision, lors du voyage afghan, d'une cassette vidéo où l'on voyait une fillette musulmane gravement maltraitée par des Occidentaux - vrai ou faux.

Le triste personnage n'a par ailleurs cessé, depuis son incarcération et singulièrement après sa condamnation définitive, de pratiquer la rébellion et la menace. Il est donc considéré comme un "mauvais" client dans les prisons et en change souvent, de ce fait. Ainsi, il est actuellement à Nivelles, mais se trouvait encore, début décembre, à la prison de Lantin...

Menaces et rébellion

Cela ne l'a pas empêché d'intenter plusieurs actions judiciaires contre l'Etat belge pour obtenir un allégement de ses conditions de réclusion. En vain. En revanche, la cour d'appel de Liège l'a, de son côté, condamné au mois d'avril dernier à 6 mois de prison à la suite de menaces qu'il avait proférées, après d'autres personnes, contre la direction de la prison de Lantin.

Il avait carrément parlé d'explosif - 50 kilos, rien de moins - pour détruire les voitures de ces personnes.

Comme on le lira par ailleurs, Trabelsi n'en était pas à son premier projet d'évasion. Mais comme il est en permanence sous un régime strict, il n'y avait pas réussi - et pas encore cette fois.

Trabelsi, né le 2 juillet 1970 à Sfax, la métropole économique du sud tunisien, avait donc 31 ans au moment de son arrestation, le 13 septembre 2001, et 34 ans, le 9 juin 2004, lors de sa condamnation en appel à 10 ans de prison pour l'attentat prévu à Kleine Brogel au début de 2002. Il en a maintenant 37 et le voilà toujours autant dans l'actualité...

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