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Terrorisme

La peur d'un attentat tue le feu d'artifice

Roland Planchar

Mis en ligne le 31/12/2007

Les mesures de surveillance sont prolongées au moins jusqu'au 3 janvier. Le marché de Noël ainsi que la patinoire fermeront plus tôt. Fondés ou non, les soupçons n'ont, en tout cas, pas régressé.

Comme on serait meilleur sans la crainte d'être dupe" , écrivait Jules Renard dans son Journal. Eh bien, la crainte d'une duperie n'est pas nulle, dans l'alerte au terrorisme lancée jusqu'au 2 janvier, celle qui fige la Belgique (et surtout Bruxelles) dans la crainte d'un attentat. Mais il est trop tôt pour parler déjà de "surévaluation", comme cela fut pourtant fait lorsque 14 suspects avaient été remis en liberté, le 22 décembre par la juge Isabelle Panou, après l'annonce d'un projet d'évasion du terroriste Nizar Trabelsi (lire ci-contre) et de velléités d'attentat(s).

Marché de Noël et patinoire

L'heure du bilan arrivera mais, en attendant, voilà que le terrorisme a marqué un point, dimanche, en ce sens que son but premier est de semer la peur et que c'est ce qui s'est produit.

Après la quotidienne réévaluation de la menace, le Centre de crise gouvernemental a, en effet, indiqué, lors d'une réunion de coordination entre autres avec le bourgmestre de Bruxelles, Freddy Thielemans (PS), que le risque restait à son sens élevé. D'où la déclaration de M. Thielemans qui, suivant le conseil du Centre, annonçait la suppression pure et simple du traditionnel feu d'artifice bruxellois de la Saint-Sylvestre, organisé chaque 31 décembre au Mont des Arts. "Le but n'est pas de créer la panique ou de bloquer entièrement la ville mais nous ne voulons prendre aucun risque inutile" , expliquait-on ensuite de ce côté.

Voilà donc un impact supplémentaire - certes sans la gravité d'un attentat - du terrorisme sur la vie de la capitale, qui n'est pourtant pas la seule nouveauté.

C'est que, à l'issue de cette réunion, le directeur général du Centre de crise, Jaak Raes, faisait également savoir, sur un ton d'ailleurs sévère, que les mesures spéciales de sécurité resteraient en vigueur non jusqu'au 2, mais jusqu'au 3 janvier. Il s'agit de la surveillance particulière des lieux publics très fréquentés, comme la Grand-Place, les stations de métro, les gares, l'aéroport de Bruxelles-National, etc.

M. Raes a indiqué qu'un état de la situation a été dressé "avec le Parquet fédéral et l'Ocam" (NdlR : l'Organe pour la coordination de l'analyse de la menace).

Infos internationales

Or, ce dernier "a affiné son analyse sur base de l'information judiciaire et des données recueillies par nos correspondants nationaux et internationaux, et la conclusion est qu'il n'y a aucune raison de revoir l'actuel niveau d'alerte" .

Bref, l'alerte est maintenue et même amplifiée, puisque "nous fermerons les chalets du marché de Noël à 18 heures et les attractions, comme la patinoire, à 20 heures, le 31 décembre" , déclarait-on encore dimanche à la Ville de Bruxelles.

Toujours est-il que si le manteau de neige est à nouveau absent pour les fêtes, la chape de plomb, elle, est pour une fois bien présente.

Nouvelle évaluation

Loin de parler d'une réduction de la menace terroriste - même si tout le monde ne lui accorde pas une attention soutenue, notamment du côté politique -, le Centre de crise annonçait même que la date du 3 janvier n'était pas certaine pour la levée des mesures spéciales. Celle-ci sera l'objet d'une évaluation ce jour-là, sans plus.

Savoir Plus

Mystères d'un GSM en prison

Naima, la compagne de Nizar Trabelsi, disait le 24 décembre à "La Dernière Heure" que son ami terroriste avait pu disposer d'un GSM en prison. " Nous avons eu l'impression qu'ils (NdlR : les policiers) se sont arrangés pour que Nizar parvienne à se procurer un GSM par un autre détenu (...) afin d'écouter nos conversations ." Or, le frère d'un codétenu de l'intéressé a indiqué le 29 à la RTBF avoir observé la chose. Est-ce plausible ?

Contacté dimanche, le ministre de la Justice, Jo Vandeurzen (CD&V), nous a dit qu'il n'était " vraiment pas au courant de ce qui s'est passé " et qu'il n'avait " pas l'intention de c ommuniquer dans un dossier judiciaire. N'étant pas en possession des informations, je ne ferai pas de déclarations. (...) Vous savez qu'il existe, dans l'accord gouvernemental, des indications concernant la problématique des prisons. Ce n'est pas aujourd'hui que je vais annoncer ce que je compte faire dans ce domaine".

Quant au patron des prisons belges, Hans Meurisse, nommé directeur général de l'Exécution des peines, il n'a pas non plus voulu se prononcer sur les déclarations concernant le GSM dont aurait disposé Trabelsi en prison. Il nous a en revanche conseillés d'interroger le parquet fédéral. Où on nous a indiqué que, voilà 6 mois déjà, une telle rumeur avait circulé mais était fausse. "Ceci étant, si même c'était exact, nous n'en parlerions pas à ce stade" , nous y a-t-on précisé. A la prison d'Arlon, silence radio, dimanche : " Aucun membre de la direction n'est joignable et personne n'est habilité à communiquer des informations à ce sujet ."

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