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baromètre politique - Wallonie
Etat stationnaire, plus bleu que rouge
Mis en ligne le 17/03/2008
Signe de confiance quand même, ou de lassitude générale ? Serait-ce parce que, face aux multiples inconnues du moment, le citoyen se sécurise autour de quelque fidélité électorale ? Toujours est-il que le baromètre printanier wallon se singularise par une stabilité très large. C'est (encore) plus le cas que dans les intentions de vote à Bruxelles et en Flandre, où l'une ou l'autre variation dépasse tout de même 1 pc : la plus importante sur trois mois n'atteint ici que 0,5 pc (elle est positive, au bénéfice d'Ecolo).
Par conséquent, le constat est différent de décembre, qui avait vu un relatif resserrement entre les deux partis dominants (MR et PS) en tassement et entre les deux suivants (CDH et Ecolo) en progrès. Une tendance, soit dit en passant, qui venait d'être renforcée par le dernier sondage disponible sur le marché avant le nôtre (celui de Dedicated Research, pour la seule Wallonie, publié le 29 février par le groupe "Vers l'Avenir"): MR et PS, le premier surtout, y baissaient sensiblement par rapport à une enquête de septembre dernier.
Tendances lourdes
C'est à plus long terme que l'on peut tirer ici divers enseignements.
Le MR confirme sa première place. S'y habituerait-on déjà, il faut rappeler que, naguère encore, ce leadership serait passé pour inimaginable. Son ascendant sur le PS s'est même raffermi un tantinet, d'1,5 à 2 pc (soit un rien plus qu'aux élections "sismiques" de juin dernier, avec 1,7). Faut-il le redire ? Ce décompte constituera l'enjeu le plus coriace des élections (au moins) régionales de juin 2009.
Son ressac printanier serait-il léger (- 0,4), le PS est le seul du quatuor à perdre des plumes. Et c'est pour lui un cinquième tassement consécutif de nos baromètres trimestriels. Comme quoi son retour longtemps inattendu sur la scène fédérale n'est pas, ou pas encore, à l'évidence porteur.
Le CDH progresse de nouveau, mais pas au point de retrouver le cap des 20 pc qu'il avait retrouvé l'espace d'un trimestre, en décembre 2005. Surtout, décidément, les humanistes ne parviennent pas à connaître en Wallonie une croissance similaire à celle qu'ils se forgent à une hauteur inédite à Bruxelles - confirmant par là l'une des tendances des élections législatives.
Reste que, à l'inverse du MR comme du PS, le CDH dépasse en intentions son score du 10 juin. Tout comme Ecolo. Celui-ci, en progrès continus depuis décembre 2006, alors à de pâles 7,7 pc. Les verts ont ainsi doublé leurs positions en l'espace de cinq trimestres, que ce soit ou non directement lié aux pertes PS. Et ce, dans une conjoncture politique dont ils sont peut-être les seuls à pouvoir attendre les suites avec une certaine tranquillité !
Extrême droite marginalisée
Du coup, le FN paraît pour longtemps relégué à la cinquième place du paysage sudiste, alors qu'il rivalisa avec Ecolo aux régionales de 2004 (au point de décrocher un élu de plus au parlement wallon). Il faut remonter à mai 2003 (avec 4,4 pc) pour retrouver une position plus médiocre qu'aujourd'hui (à 5,2 pc). Ce n'est pas insignifiant : courant 2005-2006, le FN dépassa régulièrement les 9 pc, jusqu'à atteindre la barre des 10 en juin 2006.
Comme quoi la crise politique à rallonges n'incline pas le sondé wallon à un réflexe-défouloir. Et c'est vrai, qu'il s'agisse du FN ou d'un succédané, en admettant que les citoyens suivent de près les divisions et convulsions heureuses de l'extrême droite francophone : notre catégorie "autres", où l'on peut localiser des factions du même acabit, ne grossit pas davantage.
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