Abonnez-vous a La Libre Belgique

Environnement

Un label pour la compensation CO2

Gilles Toussaint

Mis en ligne le 04/04/2008

La compensation volontaire des émissions de CO2 entre peu à peu dans les moeurs des citoyens et des entreprises. Mais les opérateurs manquent parfois de transparence. Un code d'encadrement est à l'étude.

Compenser volontairement les émissions de CO2 résultant de nos activités et de nos comportements quotidiens, histoire d'apporter son écot à la lutte contre le réchauffement climatique. Encore marginal il y a quelques années, le procédé s'inscrit peu à peu dans les moeurs des entreprises, mais aussi de certains citoyens sensibilisés aux défis environnementaux.

Le principe est simple : l'entreprise ou le particulier qui le souhaite peut se tourner vers un opérateur spécialisé auquel il va acheter des crédits d'émissions. Un montant qui sera investi par ce dernier dans des projets de développement durable dans les pays pauvres ou émergents, ce qui contribuera donc à une réduction du CO2 émis à l'échelle globale. Un mécanisme qui a du sens pour autant que l'on y ait recourt de façon complémentaire, c'est-à-dire après avoir fait les efforts nécessaires pour réduire ses émissions de dioxyde de carbone à la base.

Une qualité variable

En Europe, plus d'une quinzaine d'entreprises offrent déjà ce genre de service. Trois d'entre elles sont belges : CO2Logic, Climact et CompenCO2. Le secteur ayant le vent en poupe, il va sans nul doute continuer à attirer de nouveaux acteurs à l'avenir.

Une légère ombre plane cependant sur cette belle mécanique. En novembre dernier en effet, une étude réalisée par un chercheur de l'ULB pour le compte d'Inter-Environnement Wallonie mettait en évidence la grande disparité qui existe quant aux garanties entourant les projets de compensation volontaire proposés. Une variabilité qui se traduit notamment dans le tarif demandé à la tonne de CO2. Et dans ce domaine comme ailleurs, il semble bien que le meilleur marché ne soit pas toujours un gage de qualité...

Partageant ce constat, la société CO2Logic (qui fut pionnière sur le marché belge) a récemment pris l'initiative de rédiger un petit mémorandum visant à établir un code de bonne pratique de la compensation des émissions de CO2 qui s'appliquerait aux opérateurs belges en place et à venir.

Une idée qui s'inspire de mesures d'encadrement semblables mises en place par les autorités françaises et anglaises.

Envoyé aux responsables politiques concernés tant au niveau fédéral que régional, ce document en huit points propose notamment que le caractère additionnel des projets proposés soit garanti (pour éviter que l'argent ne soit investi, à la seule fin d'en accroître la rentabilité, dans des projets qui auraient de toute façon été réalisés); que les projets en question aient été certifiés dans le cadre du mécanisme de développement propre des Nations unies ou encore que la traçabilité et l'annulation des crédits vendus soit assurée.

"Dans notre cas, nous nous sommes fixé des standards de qualité très élevés, commente Antoine Geerinckx, cofondateur de CO2Logic. Mais nous observons que des sociétés "cow-boys" viennent démarcher des entreprises belges avec des propositions de compensation qui sont peu crédibles. La méthode proposée pour le calcul des émissions, par exemple, est nettement moins sérieuse que celle de l'Ademe (l'Agence française de l'environnement, NdlR) que nous utilisons. Or il faut au minimum que ce calcul, qui doit être le plus précis possible, se fasse sur la même base. D'autres opérateurs proposent à des tarifs inférieurs et d'une manière peu transparente des crédits qui ne sont pas encore certifiés et qui offrent donc moins de garanties."

Crédibilité

Même si elle ne s'impose qu'aux opérateurs belges actifs sur ce marché, cette "charte de qualité" aura le mérite de crédibiliser ceux-ci par rapport à leurs concurrents étrangers, estime-t-il. "Les consommateurs pourront mieux identifier les acteurs qui appliquent des critères moins rigoureux et faire leur choix en connaissance de cause."

Du côté du cabinet du ministre du Climat, Paul Magnette (PS), on confirme qu'une discussion est actuellement en cours pour déterminer les critères de base auxquels devraient répondre les sociétés belges désireuses de se lancer sur ce marché.

A noter enfin que si la possibilité d'accorder une déductibilité fiscale pour la compensation volontaire n'est pas pour l'instant à l'ordre du jour, il n'est pas exclu que l'on puisse l'envisager à l'avenir, commente-t-on au cabinet du ministre des Finances, Didier Reynders (MR).

Autres Informations

À ne pas manquer

SUPERBOWL

Madonna superstar du Superbowl : découvrez sa prestation épatante.

Voyages

Destinations exclusives et parcours culturels.

Emploi

Trouvez un job

Facebook

Haut de page