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Politique

le MR salue l'intention, mais pas la manière

Belga

Mis en ligne le 17/04/2008

Le MR considère que la volonté du PS de mieux faire travailler les francophones ensemble constitue un pas dans la bonne direction, comme le fut la "double casquette" attribuée à Rudy Demotte. Il reproche cependant aux socialistes de ne pas agir en conséquence et dénonce le danger de scission de l'enseignement contenu dans les propositions des ministres-présidents Demotte et Charles Picqué.

La chef de groupe au parlement de la Communauté Françoise Bertieaux, le président de l'interparlementaire Richard Miller et la chef de groupe MR au parlement bruxellois Françoise Schepmans ont accueilli de façon mitigée les propos des deux ministres-présidents socialistes, qu'ils jugent peu compréhensibles, même s'ils se félicitent de les voir s'inspirer de la vision institutionnelle francophone réformatrice.

Ils soulignent notamment que les positions institutionnelles ne sont pas unanimes au sein du PS: faut-il croire M. Marcourt, M. Collignon, M. Vervoort ou M. Demotte?, demandent-ils. Pour eux, la majorité socialiste ferait mieux de se séparer des ministres de la Communauté qui n'ont pas de siège régional et d'y amener les ministres de la Région bruxelloise, plutôt que disserter dans la presse via des cartes blanches.

Ils ne veulent pas de la fédération "birégionale" proposée, qui viderait la Communauté française de sa substance, ne laissant plus subsister qu'une "passerelle" entre elles, comme le suggère le ministre wallon Jean-Claude Marcourt. Mais ce que Mmes Bertieaux et Schepmans et M. Miller jugent dangereux, c'est le discours qui, sous prétexte de simplification, renvoie les compétences de la Communauté, comme l'enseignement ou la culture, aux Régions. Pour les réformateurs, cela mènerait à couper en deux l'université de Louvain-la Neuve, l'ULB, l'enseignement obligatoire mais aussi la culture. Avec dès lors des problèmes de financement insurmontables.

Pour Françoise Schepmans, les déclarations socialistes visent plus à recadrer les choses au sein du PS qu'au sein des francophones dans leur ensemble. Et pour M. Miller, les propos du ministre-président bruxellois Charles Picqué augurent d'un lâchage des francophones de Bruxelles: "il verse du poison dans l'entente francophone au sein de l'Etat fédéral".

La vision exposée jeudi par les trois mandataires MR est celle qui a été approuvée par les instances du parti, a souligné M. Miller. Et si Françoise Schepmans concède qu'à Bruxelles, Didier Gosuin (FDF) exprime une autre sensibilité, elle met cela au compte du fait que l'ancien ministre bruxellois n'a jamais siégé au parlement de la Communauté française, où elle-même a pu saisir la force des liens entre Bruxellois francophones et Wallons.

Le président de l'interparlementaire MR a évoqué par ailleurs une piste, pas officiellement MR celle-là, mais explorée par certains d'entre eux. Il s'agirait d'un parlement unique francophone, composé d'élus directs, sur des listes wallonnes (par province ou arrondissement), d'une liste bruxelloise mais aussi d'une liste commune au territoire couvert par la Communauté française.

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