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Entretien

"Des critiques injustes, y compris venant de l'intérieur du parti"

Vincent Rocour

Mis en ligne le 21/04/2008

Le président du PS redore son autorité. Il annonce son intention de se succéder à lui-même.

Mis en cause par certains pour les choix ministériels qu'il a posés, Elio Di Rupo assume. A la contre-offensive, il annonce son intention de se représenter en 2011 pour un nouveau mandat à la tête du PS.

Êtes-vous soulagé par la démission de Frédéric Laloux ?

Je suis à la fois content que l'on puisse se recentrer sur le travail et se reconcentrer sur la préoccupation des gens - ce qu'on n'aurait jamais dû cesser de faire. Mais aussi triste de voir cet acharnement auquel a dû faire face Monsieur Laloux.

Un acharnement injuste à vos yeux ?

Oui, injuste.

Y compris lorsqu'il était l'oeuvre des parlementaires du groupe politique PS à la Chambre ?

Oui. Je peux comprendre qu'un ou deux parlementaires sur les 100 que compte le PS soient insatisfaits. On en trouvera toujours dans les grandes organisations. Mais la question n'était pas là. La question était de savoir si, sur le plan de la justesse et de la justice des fonctions à assumer, le choix avait du sens. Personne n'a dit qu'il n'avait pas de sens. Puis, il y a eu l'affaire des cartes d'essence. Ensuite, le piège dans lequel il est tombé à propos de sa voiture - parce que cette interview à la RTBF, avec sa voiture-bureau, relève du piège. Il a résisté un moment. Avant de céder. Je comprends. Il a une épouse, des enfants. Il ne voulait surtout pas nuire à son département. Cela l'honore.

Vous comprenez la réaction de certains parlementaires qui n'ont pas apprécié qu'un non élu soit nommé secrétaire d'Etat ?

Les réactions ont été limitées. C'est dommage. Il y a eu de l'incompréhension. Pour moi, la fonction de parlementaire est une fonction d'une très grande importance.

De l'extérieur, on a quand même eu l'impression que cela a tangué pas mal à l'intérieur du PS.

C'est un sentiment extérieur. Très objectivement, cela n'a pas tangué. On a reçu des centaines et des centaines de courriers de soutien. Il y a aussi eu une très grande incompréhension à l'égard de ceux, quelques-uns, qui se sont exprimés.

Le vice-président de parti, Philippe Moureaux, qui émet des critiques publiques, ce n'est quand même pas anodin.

Je comprends que les médias se soient interrogés. Son attitude a été incompréhensible. Il s'en est expliqué. Il faut maintenant tourner la page. Il expliquera peut-être un jour pourquoi il s'est exprimé comme cela. Nous sommes là pour savoir comment on améliore le sort des gens. Nous ne sommes pas là pour savoir comment on règle le sort de l'un ou l'autre au PS.

Il n'y a donc pas de guerre de succession ouverte à la tête du PS ?

L'avantage du PS aujourd'hui, c'est que le sort du président ne dépend plus des barons. Le président dépend des militants. Ces derniers m'ont élu pour quatre ans avec 90 pc des voix. Mon mandat se termine en 2011. Dans l'état actuel des choses, je suis candidat à ma succession. Quand on sera en 2011, si certains veulent déposer leur candidature, ce sera leur droit le plus strict. On aura un débat entre nous. C'est normal : c'est la démocratie. En attendant, c'est moi qui demande des comptes et c'est moi qui exige de chacun des élus le travail qui est le leur.

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