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Gouvernement
Laloux out, Di Rupo riposte
V.R.
Mis en ligne le 21/04/2008
"Peut-être, pour certains, est-ce plus important d'avoir le bon look pour pouvoir être "un bon secrétaire d'Etat". Ce n'est pas ma vision, et ce ne le sera ." Frédéric Laloux est amer au moment de justifier sa démission rendue publique samedi midi. Dans un long communiqué, il dénonce la politique-spectacle, "les mensonges, les critiques subjectives et les amalgames". Il répète : "Je ne suis certainement pas parfait, mais je suis un homme honnête et de conviction."
Il ne donne qu'un nom : celui de l'échevin de Namur, Arnaud Gavroy (Ecolo), soupçonné comme lui d'avoir un peu forcé sur la carte essence de la Ville. Il ne cite en revanche aucun des siens. Pourtant, c'est depuis son camp que le coup fatal est parti. Sa nomination, le 20 mars, au poste de secrétaire d'Etat en charge de la lutte contre la Pauvreté, fait jaser d'abord dans les rangs socialistes. On s'interroge sur ses compétences. On s'inquiète des rumeurs qui courent à son sujet. On souligne que sa proximité avec Bernard Anselme n'en fait pas précisément un porte-drapeau potentiel du nouveau PS. On râle aussi de voir à nouveau un camarade entrer au gouvernement sans passer par la case "Parlement".
La fronde est restée dans les soubassements du parti pendant trois semaines. Elle s'est muée en houle. Philippe Moureaux l'a fait remonter à la surface mardi dernier en demandant publiquement, au "Soir", la démission de Frédéric Laloux. Le lendemain, le nouveau secrétaire d'Etat à la Pauvreté doit défendre sa note de politique générale devant la commission de la Chambre. Il se fait descendre en flèche. Y compris par des députés de son propre parti, le Bruxellois Yvan Mayeur en tête, qui jugent son travail incolore. C'est le coup de bambou. Lâché par les siens, Frédéric Laloux n'avait quasi plus d'autres choix que de démissionner.
Elio Di Rupo n'aura pas traîné à lui trouver un successeur. Dès dimanche, il portait son choix sur Jean-Marc Delizée - lequel prêtait serment dès 13 heures dans les mains du Roi. Un choix qui ne fera pas de vague. Jean-Marc Delizée est un parlementaire chevronné, il connaît les dossiers sociaux. Le groupe PS à la Chambre devrait apprécier.
Manoeuvre de diversion
Chapitre clos ? Cela reste à voir. En critiquant la nomination de Frédéric Laloux, les réfractaires s'attaquaient directement au président du parti, Elio Di Rupo, dont le choix des ministres constitue l'une des prérogatives les plus importantes. S'en rendaient-ils compte ? Impossible de croire que non. La sortie de Philippe Moureaux a dès lors été vue comme une tentative de diversion. "Il n'avait pas apprécié que certains, comme Jean-Marie Happart, critiquent la loi sur les armes de sa dauphine Laurette Onkelinx, commente un cacique. Et puis, il voulait sans doute faire oublier les derniers sondages désastreux pour le PS bruxellois dont il est responsable."
Elio Di Rupo affirme que "la page est tournée" (lire ci-contre). Mais il prévient les rebelles de son parti qu'ils pourraient avoir affaire à lui durant un nouveau mandat présidentiel. De quoi refroidir les francs-tireurs.
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