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Édito

Une erreur durant le casting

Par Vincent Rocour

Mis en ligne le 21/04/2008

La démission de Frédéric Laloux constitue tout sauf une surprise. Le plus surprenant, dans son cas, c'est qu'il ait tenu si longtemps avant de la présenter.

La démission de Frédéric Laloux constitue tout sauf une surprise. Le plus surprenant, dans son cas, c'est qu'il ait tenu si longtemps avant de la présenter. Cet homme doit être doté d'une fameuse dose de naïveté pour croire qu'il aurait pu tenir son rang jusqu'à la fin de la législature avec des soupçons de malversation sur le dos et sans l'appui des siens au Parlement.

On ne peut évidemment pas s'empêcher de regretter la façon dont les choses se sont agencées. Dès le départ. Ce ne sont évidemment pas les compétences de Frédéric Laloux en matière de lutte contre la pauvreté qui lui ont valu d'être nommé secrétaire d'Etat le 20 mars. Il en a peut-être. Mais il n'avait en tout cas pas encore eu l'occasion de les étaler avant sa nomination.

Personne ne doit être dupe : si Frédéric Laloux avait été choisi, c'est d'abord parce qu'il est Namurois. En le désignant, Elio Di Rupo voulait rééquilibrer la répartition des influences géographiques à l'intérieur du parti. Il croyait aussi pouvoir donner au PS de Namur un successeur à Bernard Anselme. Avec la montée en puissance d'Arnaud Gavroy (Ecolo), l'éclosion de Maxime Prévot (CDH) et l'arrivée éventuelle de Sabine Laruelle (MR), le PS risque de ne pas pouvoir participer à la belle bataille électorale qui se jouera lors du prochain scrutin communal. Elio Di Rupo espérait sans doute que la visibilité soudaine qu'il accordait à Frédéric Laloux permettrait à ce dernier de se joindre à la lutte.

Mais en appuyant son choix sur des considérations tactiques à usage local, le PS a fait passer l'intérêt général - et celui des pauvres en particulier - à l'arrière-plan. Voilà bien où l'erreur a été commise durant le casting.

L'erreur aurait pu être corrigée si Laloux avait été bien entouré. Cela n'a de toute évidence pas été le cas. On n'envoie pas un lieutenant inexpérimenté au front sans garde rapprochée. Durant un mois, Frédéric Laloux a paru bien seul. Mal encadré. Mal conseillé. Comme si, après l'avoir nommé, le PS voulait signifier qu'il ne croyait pas en lui. Cela l'exposait forcément à toutes les critiques. Justifiées ou pas.

Et puis, comme si cela ne suffisait pas, certains, au sein du parti, s'en sont pris à lui en croyant toucher par ricochet le patron du parti. Ce genre de coups se perdent souvent dans des partis qui ont perdu une élection. C'est douloureux.

En choisissant Jean-Marc Delizée au poste de secrétaire d'Etat à la pauvreté, Elio Di Rupo s'assure sans doute le retour au calme. Mais quel gâchis.

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