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Du rififi chez les camarades bruxellois
M.Bu.
Mis en ligne le 23/04/2008
La gifle est partie sans crier gare. "C'est parce je ne veux plus que les militants, les sympathisants, les "simples lecteurs" pensent que la seule expression du PS bruxellois vient de son président, Philippe Moureaux. Que tous les mandataires ou les membres socialistes bruxellois adhèrent à ses propos, à ses méthodes, à son discours. Celui qui a eu et qui a toujours une carrure d'homme d'Etat ne doit pas tomber dans les attaques ad hominem et garder sa verve pour défendre les valeurs progressistes", a écrit, mardi, la députée fédérale Karine Lalieux sur son site Internet. Et de ponctuer, lapidaire : "Je suis très loin d'être une proche du vice-président", fustige Karine Lalieux.
L'onde de choc autour de la désignation - puis de la démission - du secrétaire d'Etat Frédéric Laloux laisse donc plus de traces parmi les camarades que ne veut bien le laisser entendre le président Di Rupo. Ainsi, lundi, lors du Bureau de parti, le président du Parti socialiste a dû faire face aux questions de certains cadres qui l'interrogeaient sur les attaques formulées par le vice-président Philippe Moureaux à l'encontre de Frédéric Laloux. José Damilot est ainsi monté aux barricades pour dénoncer le procédé - une mise à mort en bonne et due forme par voie de presse - utilisé par le bourgmestre de Molenbeek.
"Tournons la page"
Philippe Moureaux n'était pas présent lors de ce Bureau politique, Frédéric Laloux bien. Et beaucoup se demandaient quelle attitude adopterait Di Rupo à huis clos - lui qui n'a pas apprécié la charge de son vice-président à l'encontre de Laloux. Mais le Montois a loyalement défendu Moureaux : "Tournons la page !", a-t-il insisté. La veille, le dimanche, Di Rupo avait néanmoins pris soin de distiller un message à usage strictement socialiste en débarquant sur le plateau de la RTBF : "Je serai candidat à ma propre succession en 2011", avait-il balancé le sourire en coin. Mais quel intérêt à se lancer dans des pronostics à très long terme alors que la viabilité du gouvernement fédéral n'est même pas assurée au-delà du 15 juillet ? Simple : calmer les envies d'un raid hostile, d'une OPA anticipée, sur la présidence du parti. Par exemple de la part de la "famille" bruxelloise Onkelinx-Moureaux.
Avec Magnette
En mettant les points sur les "i" sur son site Internet, Karine Lalieux, par ailleurs échevine à la Ville de Bruxelles, clarifie quelque peu la cartographie socialiste dans la capitale. Lalieux, brillante technicienne, se range désormais entièrement derrière Elio Di Rupo et Charles Picqué, le ministre-Président de la Région bruxelloise. Elle coupe court à la rumeur qui la prétendait "déçue" de ne pas avoir été choisie en lieu et place de Frédéric Laloux. Lalieux prend, en outre, ses distances avec un autre format bruxellois : Yvan Maïeur. Cet autre proche de Philippe Moureaux, député fédéral, est président du CPAS de Bruxelles-ville. Yvan Maïeur, fin connaisseur de la problématique de la pauvreté, s'estimait lésé par le choix de Di Rupo. "Je ne nie pas que nous vivons des moments difficiles au sein du parti. Je ne dis pas que tous les choix sont unanimement partagés mais aujourd'hui, c'est de projets dont nous avons besoin", écrit encore Karine Lalieux.
Et voilà que se profile le 1er mai. Le président Di Rupo s'en ira épauler Paul Magnette à Charleroi où - c'est un euphémisme - quelques camarades ont d'ores et déjà le couteau entre les dents pour l'accueillir. La Schaerbeekoise Laurette Onkelinx, elle, sera à Bruxelles pour gonfler le moral des camarades. Probablement Moureaux sera-t-il dans le coin.
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