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Mai 68 - et les Belges ?

"Une révolte contre la société patriarcale"

G.C.

Mis en ligne le 05/05/2008

Psychologue de formation, Marc Abramowicz est aussi le fondateur d'Aimer à l'ULB, qui fut à la pointe du combat pour la légalisation de l'avortement. En Mai 68, il était membre d'une organisation d'étudiants communistes. "Depuis un an, il y avait déjà un vent de révolte qui couvait à l'ULB", explique-t-il. "En 67, nous avions commencé à organiser une grande mobilisation contre la guerre du Vietnam."

Le 13 mai, Marc Abramowicz passe la nuit dans l'auditoire Paul-Emile Janson, que les étudiants ont décidé d'occuper quelques heures plus tôt. Dans les jours qui suivront, il sera aux premiers rangs de l'Assemblée libre et de l'occupation du grand hall.

Son mémoire de fin d'études, il le fera d'ailleurs sur cette assemblée libre et collectera dans ce cadre l'ensemble des tracts qui furent émis à cette époque. "Alors qu'à Nanterre il y avait une effervescence autour de la liberté sexuelle, il est intéressant de constater que cette question était pratiquement absente du débat à Bruxelles et arrivera plus tard."

Si les étudiants de l'ULB occuperont bel et bien la cité des filles, pour revendiquer la mixité, le mouvement du 13 mai 68, comme il s'était lui-même baptisé, était donc surtout, selon Marc Abramowicz, une révolte contre le patriarcat, et notamment celui qui gouvernait l'université. "C'était une dynamique anti-autoritaire, qui a largement imposé ses idées aujourd'hui."

Selon lui, les accusations de Nicolas Sarkozy qui voit en Mai 68 l'origine de tous les maux de la société actuelle sont donc totalement infondées. "Dans sa vie privée lui-même, le président français profite de ces acquis." Les grandes avancées en matière de liberté individuelle ont en effet été récupérées par la suite par le courant ultra-libéral.

Le culte de la jouissance et de la consommation ne résulte pas de Mai 68, estime ainsi Marc Abramowicz. "Le libéralisme a en effet créé le mythe du citoyen consommateur alors que la dynamique de Mai 68 voulait plutôt faire des citoyens politisés." Et d'ajouter que l'accroissement de la liberté individuelle a par exemple permis aux homosexuels de cesser de vivre au ban de la société. "Le code pénal en matière de moeurs n'a plus rien à voir avec celui d'il y a quarante ans."

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