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Mai 68 - et les Belges ?
"Un grand mouvement de liberté"
G.C.
Mis en ligne le 05/05/2008
Bourgmestre d'Ixelles (PS), Willy Decourty était en Mai 68 président de l'assemblée générale des étudiants de l'ULB. Une fonction qui l'amènera tout naturellement à occuper une place de choix au déclenchement de l'occupation de l'université. Une période intense dont il livre aujourd'hui les secrets dans un livre édité chez Luc Pire, "Bruxelles, le 13 mai 68".
Militant de gauche depuis le début de ses études, Willy Decourty se rend compte très rapidement de l'importance des événements qui se déroulent chez nos voisins. Le 3 mai 68, il saute dans le train pour Paris et s'en va voir d'un peu plus près le vent de révolte qui souffle sur la France. "J'ai été tout de suite surpris par le climat qui régnait dans la ville", explique-t-il. Il restera quelques jours dans la capitale française pour rencontrer et discuter avec de nombreux étudiants français avant de regagner Bruxelles.
Quelques jours plus tard, l'ULB se soulève à son tour. Les étudiants se constituent en Assemblée libre et occupent l'auditoire Janson puis le grand hall de l'université. "C'était un grand mouvement romantique de liberté", explique Willy Decourty. "Un mouvement qui naissait avec la guerre du Vietnam et le Printemps de Prague en toile de fond. On avait le sentiment de vivre un moment d'Histoire particulièrement important." Un moment d'histoire particulièrement intense qui prendra fin 47 jours plus tard. "La police encercla le campus et tout le monde rentra chez soi", raconte-t-il, ajoutant qu'à l'époque les questions linguistiques se profilaient déjà à l'avant-plan.
Aujourd'hui, il reste à Willy Decourty un brin de nostalgie mais aussi le sentiment d'avoir contribué à faire avancer la société et évoluer les mentalités. "Mai 68 est derrière nous mais ses acquis sont désormais profondément ancrés dans la société actuelle." Des acquis qui se mesurent notamment au niveau de l'égalité des sexes mais aussi de la démocratisation de l'institution universitaire. "Les nouvelles générations n'en mesurent peut-être pas l'étendue parce que tout cela leur semble normal" poursuit-il, en regrettant le manque d'engagement des jeunes quarante ans plus tard. "A l'époque, je marchais pour tout : guerre du Vietnam, régime des colonels en Grèce... Je regrette que les jeunes se mobilisent moins volontiers aujourd'hui."
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