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ONU
Pierre Chevalier démissionne
BELGA
Mis en ligne le 11/05/2008
La démission de Pierre Chevalier en tant que représentant spécial de la Belgique auprès du Conseil de sécurité des Nations Unies intervient après la nouvelle, divulguée vendredi, de son inculpation pour blanchiment, faux en écriture et recel. De plus, on avait appris samedi qu'il avait été renommé en toute discrétion administrateur délégué du groupe Forrest le 31 janvier, alors qu'il avait officiellement démissionné de ce poste en février 2007. Le sp.a et le CD&V ont exigé samedi la démission de Pierre Chevalier comme représentant de la Belgique auprès de l'ONU.
Cette démission fait suite à l'annonce faite par le ministre des Affaires étrangères Karel De Gucht de sa volonté d'utiliser le mandat de la Belgique au Conseil de sécurité de l'ONU pour inscrire la gestion du secteur minier au Congo à l'agenda international. Un secteur qui compte la firme Forrest parmi ses acteurs principaux, ce qui aurait pu mener à des suspicions de confusion d'intérêt en la personne de M. Chevalier. Ce week-end, des partis d'opposition comme le sp.a et la Lijst De Decker, mais aussi des partis de la majorité comme le CD&V et le MR, avaient réclamé la démission du représentant belge.
La démission de ce dimanche ne constitue qu'une nouvelle péripétie dans la carrière politique agitée de ce juriste né à Bruges le 8 octobre 1952. Par deux fois déjà, il a dû démissionner de façon inopinée de ses postes de Secrétaire d'Etat.
Sa carrière a commencé en 1982, lorsqu'il est devenu conseiller communal dans la Venise du nord. Il est élu député SP de l'arrondissement brugeois en 1985. Il est réélu en 1987 et devient secrétaire d'Etat à l'Enseignement en 1988, puis, de 1989 à 1990, il exerce la compétence de la Politique scientifique. Le 18 janvier 1990, il démissionne. On lui reproche une irrégularité dans la comptabilité de son cabinet.
En novembre 1992, il passe du SP au VLD, arguant d'un virage social des libéraux flamands. Son admission chez les libéraux flamands, où il continue sa carrière, il la doit à l'intervention de Guy Verhofstadt. Mais en 2000, alors secrétaire d'Etat au Commerce extérieur, il est à nouveau contraint de démissionner. Tout comme lors de cette démission, la relation entre l'avocat Pierre Chevalier et son client fortuné, le Franco-Ivoirien Jean-Claude LaCote, a joué un rôle clé dans l'enquête judiciaire qui le concerne aujourd'hui.
Des "raisons professionnelles"
Dans sa lettre de démission envoyée au ministre des Affaires étrangères, Pierre Chevalier explique sa décision par des "raisons professionnelles". Il dit regretter que son intégrité soit mise en question à cause de certains individus, alors qu'aucun élément ne peut justifier cela. Il affirme avoir, dans ses fonctions gouvernementales comme dans les mandats qu'il a assumés en tant que représentant de la Belgique (Convention européenne, Conférence intergouvernementale, etc...), évité de façon scrupuleuse toute confusion d'intérêt.
Les mandats qu'il a assumés dans le secteur privé ont été publiés au Moniteur, et donc au vu et au su de tout le monde, dit-il encore. "Il s'agit d'une décision personnelle que l'on ne peut que respecter", a réagi le porte-parole d'Open Vld, interrogé par l'Agence BELGA, ajoutant que le président du parti, Bart Somers, avait exprimé sa considération pour le travail accompli par M. Chevalier sur le plan international. Il estime également qu'il faut respecter la présomption d'innocence.
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