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Politique - Judiciaire
Pierre Chevalier démissionne encore
Mis en ligne le 13/05/2008
La démission de Pierre Chevalier en tant que représentant spécial de la Belgique auprès du Conseil de sécurité des Nations unies est intervenue dimanche, deux jours après la divulgation de son inculpation pour blanchiment, faux en écriture et recel.
La presse flamande indiquait, en outre samedi, que M. Chevalier avait été renommé en toute discrétion au poste d'administrateur délégué du groupe Forrest le 31 janvier, alors qu'il avait officiellement démissionné de cette fonction en février 2007.
Son retrait a fait suite à l'annonce faite par le ministre des Affaires étrangères Karel De Gucht (Open VLD) de sa volonté d'utiliser le mandat de la Belgique au Conseil de sécurité de l'ONU pour inscrire la gestion du secteur minier au Congo à l'agenda international. Un secteur qui compte la firme Forrest parmi ses acteurs principaux, ce qui aurait pu mener à des suspicions de confusion d'intérêt en la personne de M. Chevalier.
Au cours du week-end, des partis d'opposition comme le SP.A et la Lijst De Decker, mais aussi des partis de la majorité, comme le CD & V et le MR, avaient réclamé le départ du représentant belge.
Celui-ci constitue une nouvelle péripétie dans la carrière politique agitée de ce juriste né à Bruges le 8 octobre 1952. Par deux fois déjà, il avait dû démissionner de ses postes de secrétaire d'Etat.
M. Chevalier a entamé sa carrière politique en 1982 par un mandat de conseiller communal à Bruges avant d'être élu député SP en 1985. Il est réélu en 1987 et devient secrétaire d'Etat à l'Enseignement en 1988. Puis, de 1989 à 1990, il exerce la compétence de la Politique scientifique. Le 18 janvier 1990, il démissionne. On lui reproche une irrégularité dans la comptabilité de son cabinet. En novembre 1992, il passe du SP au VLD. En 2000, alors qu'il est secrétaire d'Etat au Commerce extérieur, il est de nouveau contraint de démissionner.
La relation entre Me Chevalier et un de ses clients, le franco-ivoirien Jean-Claude LaCote, a joué un rôle clé dans l'enquête judiciaire qui le concerne aujourd'hui.
Dans sa lettre au ministre des Affaires étrangères, lettre qu'il ne considère pas comme étant formellement une démarche démissionnaire, M. Chevalier évoque des "raisons professionnelles" et dit regretter que son intégrité soit mise en cause, alors qu'aucun élément ne le justifie. Il affirme avoir, dans toutes ses fonctions officielles, évité toute confusion d'intérêt.
Un porte-parole de l'Open VLD a rappelé que le président du parti, Bart Somers, avait exprimé sa considération pour le travail accompli par M. Chevalier et estimé qu'il s'agissait de respecter la présomption d'innocence. Mais pour Karel De Gucht, la position de Pierre Chevalier, que le ministre devrait rencontrer sous peu, était devenue intenable. (D'après Belga)
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