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Judiciaire - TEC CHARLEROI

La grève continue

J.-C.M.

Mis en ligne le 23/05/2008

Il a sérieusement rossé un passager qui le menaçait. Grève jusqu'à mardi inclus.

Les bus sont également à l'arrêt à Mons et à La Louvière, a-t-on appris vendredi matin. Le mouvement de grève qui touche le TEC Charleroi à la suite de l'inculpation d'un chauffeur pour faits de coups continue à s'étendre en Wallonie. A Liège, la plupart des chauffeurs ont arrêté le travail par solidarité envers leur collègue. A Mons, les quelques bus qui étaient sortis sont rentrés au dépôt.

A Namur-Luxembourg, les chauffeurs ont pris le volant vendredi matin mais des discussions avaient lieu vers 06h45 au dépôt de Salzinnes. Une assemblée est prévue à 10h00. Dans le Brabant wallon, tous les bus roulent. Aucune assemblée n'a été programmée. A Charleroi, le mouvement devrait durer au moins jusqu'à mardi, jour de la comparution du chauffeur devant la chambre du conseil.

Un chauffeur de bus sous mandat d'arrêt

Les chauffeurs de bus du Tec Charleroi ont lancé un mouvement de grève, jeudi, à la suite de l'interpellation d'un collègue auteur d'une intervention musclée à l'égard d'un passager qui le menaçait d'un couteau. Jeudi soir, les chauffeurs ont décidé de poursuivre leur mouvement jusqu'à mardi inclus. Leur colère s'est amplifiée après qu'on eut appris que l'intéressé avait été placé sous mandat d'arrêt pour coups et blessures volontaires. Une décision justifiée par le procureur du Roi de Charleroi, M. De Valkeneer. Il a évoqué des "violences gratuites" de la part du chauffeur.

Le passager agressif a passé cinq jours en soins intensifs et devra être hospitalisé pendant quinze jours encore. Il a subi un pneumothorax, a la rate perforée et deux vertèbres démises. La scène, qui s'est déroulée samedi vers 19 h, à Gilly, a été filmée par les caméras de deux bus : celui dans lequel la scène a commencé et celui près duquel elle s'est terminée. Le passager avait, en cours de trajet, appuyé sur une sonnette en demandant à descendre, ce qui n'a pas été compris par le chauffeur. Le passager lui a alors demandé à pouvoir descendre entre deux arrêts, ce qui lui a été refusé. A l'arrêt suivant, le terminus, où stationnait un autre bus, il est descendu. Le passager, handicapé et muni d'une béquille, a longé les deux bus. Il était arrivé à hauteur du deuxième quand le chauffeur l'a rejoint, l'a empoigné à la gorge et l'a propulsé contre le véhicule. Le chauffeur s'est éloigné, mais le passager est revenu vers lui en sortant un couteau. En réaction, le chauffeur l'a roué de coups.

Le chauffeur, ancien paracommando, avait fait l'objet, le 16 avril, d'une première plainte pour des faits de violence. Le passager pourrait, lui, faire l'objet d'une inculpation pour menaces avec arme. "Il faut dire qu'un bus n'est pas une zone de non-droit, et que les voyageurs ont le droit d'être sauvegardés au même titre que les chauffeurs", a déclaré jeudi Dominique Cabiaux, secrétaire régional de la CSC Service publics de Charleroi, en réaction à la décision des chauffeurs de poursuivre leur mouvement de grève jusqu'à mardi. Le ministre wallon des Transports, André Antoine, a estimé qu'une grève ne peut servir à faire pression sur une enquête judiciaire. "La loi de la rue n'existe pas, pas plus que la loi du bus", a-t-il déclaré.

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