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Procès Fourniret
Différencier Fourniret et Monique Olivier
Belga
Mis en ligne le 26/05/2008
Les avocats de Monique Olivier, renvoyée pour complicité au côté de son mari Michel Fourniret, jugé pour sept meurtres, ont demandé lundi aux jurés des assises des Ardennes (nord-est) de "faire la différence" entre leur cliente et le tueur en série.
Les familles des victimes ont, elles, refusé d'assister aux plaidoiries de la défense de Monique Olivier, préférant se rendre d'une manière symbolique sur le lieu de découverte du corps d'une des victimes en Belgique. Les avocats de Monique Olivier, 59 ans, accusée d'être coauteur d'un meurtre et complice dans trois autres, se sont attachés, pendant deux heures, à différencier les parcours criminels de Michel Fourniret, "le tueur", et de Monique Olivier "qui n'est pas un tueur, qui est une complice".
Jeudi, l'avocat général avait requis des peines quasi identiques pour les deux accusés: la prison à vie, sans aucun aménagement de peine pour lui, avec une peine de sûreté de trente ans pour elle. Me Jean-Paul Delgenés, un des trois avocats commis d'office de l'ancienne garde-malade, a d'abord insisté sur l'absence de passé criminel de sa cliente avant sa rencontre en 1987 avec le tueur en série présumé.
L'avocat a souligné à l'inverse le passé criminel de Michel Fourniret, 66 ans, condammné dès 1966 et emprisonné en 1987 pour des agressions sexuelles. C'est en détention qu'il avait rencontré Monique Olivier, après avoir passé une petite annonce dans un hebdomadaire catholique. Selon lui, l'accusée est une victime supplémentaire du "pouvoir de manipulation de Michel Fourniret". "Michel Fourniret serait-il un tueur sans Monique Olivier ? Mais Monique Olivier serait-elle dans cette cour d'assises sans Michel Fourniret ?", interroge ensuite le fils de l'avocat, Me Richard Delgénès. Concernant le meurtre de Jeanne-Marie Desramault, 21 ans, que Monique Olivier est accusée d'avoir étouffée avec son mari, il a rappelé que l'avocat général avait admis, dans son réquisitoire, ne pas "avoir de preuve" qu'elle ait apposé du sparadrap sur le visage de la victime et que cela ait causé sa mort.
De la même façon, il a réfuté l'existence d'un "pacte criminel" conclu entre les deux accusés dans leurs courriers échangés en 1987. Si les deux avocats ont indiqué que Monique Olivier n'avait pas "contesté sa culpabilité", ils ont répété que c'était elle qui était passée aux aveux en 2004 en Belgique. "Ce que je vous demande, c'est une différence de peine symbolique" entre les deux accusés, a-t-il conclu à l'adresse des jurés.
Avant le début de l'audience, les membres des familles des sept jeunes femmes et adolescentes que Michel Fourniret a reconnu avoir tuées, ont déposé sur les bancs des parties civiles une photographie de chacune d'entre elles, accompagné d'une rose blanche.
Les portraits ont toutefois été retirés à la demande du président de la Cour d'assises, Gilles Latapie, qui a invoqué la nécessité de "préserver la sérénité des débats". Reprise de l'audience mardi avec les plaidoiries de la défense de Michel Fourniret, après lesquelles la cour se retira pour délibérer. Le verdict est attendu mercredi.
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