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Gouvernement

Un an après les élections, la crise persiste

AFP

Mis en ligne le 08/06/2008

Dans un sondage publié samedi, la moitié des Flamands (49,7%) se sont dit favorables à l'éclatement de la Belgique, un niveau jamais atteint par les partisans de l'indépendance de la Flandre, la région la plus peuplée (60% des 10,5 millions de Belges) et la plus prospère du pays.

Depuis 12 mois, alors que la population réclame que l'on s'occupe prioritairement de la baisse de son pouvoir d'achat, les principaux partis flamands, fidèles à leurs promesses pendant la campagne électorale, réclament avant tout que la Flandre obtienne plus de compétences, notamment en matière de politique de l'emploi et de sécurité sociale.

Les francophones redoutent que cette évolution vers le confédéralisme n'entraîne l'appauvrissement de la Wallonie (sud) et de Bruxelles, qui bénéficient de flux financiers en provenance de Flandre, et il leur a fallu longtemps avant d'accepter de participer à un gouvernement mettant une telle réforme à son programme.

Alternant tentatives de séduction -"une réforme est dans l'intérêt de tous, y compris des francophones", répète le Premier ministre Yves Leterme- et intimidations, les partis flamands exigent un accord sur une réforme de l'Etat d'ici au 15 juillet.

"Il s'agit de notre dernière offre. Celui qui dit +non+ maintenant joue avec l'avenir du pays. En cas d'échec, nous entrerons dans une crise de système et l'opinion publique en Flandre se radicalisera encore plus", a averti samedi Marianne Thyssen, présidente du parti chrétien-démocrate flamand (CDV), dont est issu M. Leterme.

"Nous sommes prêts à trouver des solutions équilibrées pour pacifier le pays, réduire la pression séparatiste, donner un avenir stable à l'Etat réaménagé, mais pas à marcher sur les droits des francophones, à dire +oui+ à toutes les revendications flamandes", a répondu la centriste Joëlle Milquet, vice-Premier ministre et l'une des chefs de file du camp francophone.

Plus que les transferts de compétences aux régions - auxquels les francophones ont fini par se résigner à condition qu'ils ne remettent pas en cause la "solidarité nationale" - la question des "droits des francophones" constituera dans les prochaines semaines l'épreuve de vérité pour la Belgique.

Sur ce thème, les francophones doutent de la bonne foi des Flamands, qui tentent par divers moyens d'éliminer l'usage du français en Flandre: exclusion des enfants non-néerlandophones de centres aérés, commerçants priés de n'afficher leurs prix qu'en néerlandais, terrains à bâtir réservés aux seuls néerlandophones dans certaines communes,... la liste est longue et vaut à la Flandre les critiques de plusieurs instances internationales pour discrimination.

Mais le noeud de toutes les tensions linguistiques, qui pourrait décider de l'avenir du pays, concerne l'arrondissement bilingue de Bruxelles-Hal-Vilvorde, dit "BHV".

Alors que la Flandre exige la scission de "BHV" depuis des années, les francophones veulent à tout prix son maintien, car il permet à quelque 100.000 francophones vivant dans la banlieue flamande de la capitale de voter pour des candidats francophones de Bruxelles et d'aller en justice en français.

Alors, un accord est-il encore possible pour le 15 juillet? "J'ai toujours grand espoir qu'il y aura une avancée", a déclaré vendredi M. Leterme devant le corps diplomatique belge réuni à Bruxelles. Peu d'observateurs partagent son optimisme.

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