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Leterme 1er
Les réactions politiques
Belga
Mis en ligne le 15/07/2008
- Le cartel CD&V/N-VA porte une responsabilité écrasante dans la situation délicate que connaît aujourd'hui notre pays, estime Groen! , dans un communiqué diffusé mardi.
Pour les écologistes flamands, il apparaît aujourd'hui que le cartel n'est pas le moteur d'un bouleversement révolutionnaire mais bien la torpille. "Le cartel a fait du CD&V un fouet communautaire. Une importante réforme de l'Etat, le soi-disant poisson gras était tout ce que le cartel voulait. Les promesses électorales de libérer 2 milliards d'euros pour des allocations plus élevées n'était qu'un leurre", estime la présidente de Groen! , Mieke Vogels.
- Pour Groen! , le cartel a alimenté le radicalisme des deux côtés de la frontière linguistique. "Le fossé entre le citoyen et la politique est devenu une blessure béante. Ce gouvernement n'a pas gouverné: il n'y a eu que huit projets de lois et des disputes quotidiennes", estime Groen! .
"Nous constatons que les durs dans le cartel CD&V/N-VA ont gagné. Ceux qui voulaient le plus de réformes sont simplement parvenus à tout bloquer pendant un an", poursuit Mme Vogels. "Au lieu de la bonne gouvernance, nous avons eu le chaos politique", ajoute-t-elle.
Pour Groen! , il faut trouver un nouvel équilibre communautaire entre le niveau fédéral et les trois régions et communautés "sans toucher au principe de solidarité".
- "Autrefois la Belgique était un exemple, au niveau européen, de cohabitation et de respect mutuel entre des langues et des cultures différentes. En un an, Leterme a mis à mal notre crédibilité internationale", conclut Groen!.
La cause de la crise politique actuelle se trouve clairement dans le chef du cartel CD&V/N-VA, estiment les VlaamsProgressieven.
"L'attitude arrogante du cartel a fait que les positions des francophones se sont radicalisées et que la situation est apparue chaque jour de plus en plus dans l'impasse", réagissent mardi les progressistes flamands (anciennement Spirit) dans un communiqué.
Le fait qu'Yves Leterme a de nouveau échoué, après un an de négociations, à trouver un accord avant sa date butoir prouve non seulement son ignorance en tant que négociateur, estiment les VlaamsProgressieven, mais cela montre aussi que le cartel CD&V/N-VA fuit ses responsabilités.
Le CD&V, en particulier, est un bateau à la dérive, jugent les progressistes flamands. "Le manque de leadership et les changements perpétuels à la présidence du CD&V donnent à nouveau l'occasion à Bart De Wever de jouer à un jeu de pouvoir cynique", déclare la présidente des VlaamsProgressieven, Bettina Geysen.
Selon les VlaamsProgressieven, tant Yves Leterme que Bart De Wever sont maintenant pris au piège de leurs propres déclarations. "Ceux qui, en cinq minutes de courage politique, allaient obtenir un gros poisson communautaire et en même temps scinder BHV en sont pour leurs frais", conclut le communiqué.
- Le CD&V a beaucoup de respect pour Yves Leterme. Avec 1,2 million de voix pour le cartel CD&V/N-VA et 800.000 voix de préférence, Leterme a reçu l'année dernière un mandat fort des électeurs flamands, estime mardi le CD&V.
"Les électeurs ont choisi le changement, y compris une réforme de nos institutions", écrit, dans un communiqué diffusé mardi matin, Marianne Thyssen, présidente du CD&V. Elle souligne qu'Yves Leterme et les négociateurs du CD&V ont essayé pendant un an tout ce qui était humainement possible pour réformer le pays. Les chrétiens-démocrates flamands disent avoir beaucoup de respect pour Yves Leterme. "La combativité et la persévérance avec laquelle il a rectifié la situation budgétaire de notre pays et avec laquelle il a établi un programme pluriannuel en matière socio-économique demande le respect. Sur le plan communautaire également, il a atteint le maximum de ce qui était tenable. Personne d'autre n'a pu le faire", dit Mme Thyssen.
- La démission est le fruit d'un nouveau constat d'échec pour Yves Leterme qui n'a toujours pas pris la mesure de la charge qui pèse sur les épaules du Premier ministre de l'Etat belge. Son parti, le CD&V est aussi responsable de la situation que son partenaire de cartel, la N-VA pour avoir laissé celle-ci prendre les devants, a affirmé mardi le président du FDF Olivier Maingain.
"Le plus consternant, c'est qu'Yves Leterme a pris la décision de déposer son tablier sans concertation avec les membres du Comité ministériel restreint (NdlR : composé des Vice-premiers ministres) qu'il n'a avertis qu'une fois en route pour se rendre chez le Roi. Cela signifie qu'il n'a pas privilégié la fonction de Premier ministre, mais celle de son parti, du cartel avec la N-VA et de la Flandre", a commenté Olivier Maingain, interrogé avant de se rendre au bureau du MR.
Pour le patron du Front Démocratique des Francophones, le CD&V doit dire ce qu'il compte faire pour trouver un nouvel équilibre dans les institutions.
"Pour qu'il y ait un dialogue équilibré entre francophones et flamands, il faut repartir des bases du niveau fédéral. Le cartel CD&V/N-VA doit dire enfin dire clairement s'il veut faire basculer l'Etat fédéral", a encore dit Olivier Maingain.
- A l'instar des autres représentants des partis francophones, Jean-Michel Javaux, le co-président d'Ecolo, a aussi regretté, sur les ondes de La Première mardi matin, de voir Yves Leterme présenter sa démission au Roi lundi soir.
"Durant la journée de lundi, nous avions reçu une proposition de l'Heptapus et d'Yves Leterme - la veille - que nous trouvions équilibrée. C'était lent mais nous sortions de la date-butoir. On s'est longtemps demandé pourquoi avoir mis cette deadline du 15 juillet en sachant que les lignes avaient bougé. On savait qu'il fallait un nouvel équilibre budgétaire vu l'inquiétude croissante liée à l'augmentation de l'inflation et du prix des matières énergétiques. On ne peut pas se permettre de rester sans gouvernement. On commence à être ridicules face à l'international. Je reviens de l'étranger où les questions fusent de partout. Il y avait une solution qui semblait plausible. Les échos du CD&V étaient très bons et puis on a vu Bart De Wever donner la tonalité et tout le monde s'aligner. Cela devient inquiétant."
Le co-président d'Ecolo, dans l'opposition, s'est aussi inquiété de la situation économique difficile que pourrait entraîner une nouvelle crise politique. "Il faut bien avouer qu'il n'y avait pas grand-chose jusqu'à présent. Il y avait eu un équilibre: 40% pour une réforme fiscale; 40% pour des matières sociales et il ne restait que des miettes pour l'environnement et la justice. On sait qu'on ne peut pas se permettre une grande crise. Pour la première fois depuis de nombreuses années, on imagine que les budgets 2009 et 2010 seront en déficit et qu'il faudra mettre de côté certains moyens pour financer les pensions. Il y a donc urgence à trouver une solution à cette crise institutionnelle."
"Moi, j'ai confiance dans le Roi car on voit qu'il n'a pas encore accepté la démission d'Yves Leterme", poursuit Jean-Michel Javaux. "Il va consulter plusieurs heures, voire plusieurs jours pour pouvoir prendre une bonne décision. Il est important que l'on sorte de cette campagne électorale. J'ai l'impression que le cartel a d'abord vu juin 2009 plutôt que de voir la gestion de l'Etat", conclut-il.
- Treize mois après les élections, il faut une solution pour ramener l'équilibre, estime le sp.a. "Si le Premier ministre n'est pas en état de déminer la crise, il faudra de nouvelles élections", dit mardi la présidente du sp.a, Caroline Gennez. Pour Mme Gennez, la journée de lundi est le point d'orgue dans une crise qui dure depuis plus d'un an. Elle dit devoir constater que la situation est complètement ingérable et bloquée. Mme Gennez a reproché aux francophones leur "position totalement irresponsable". D'un autre côté, le Premier ministre n'est pas parvenu à retourner la situation, estime le sp.a. "Sa manière d'aborder était complètement à côté de la plaque", ajoute Mme Gennez. Alors que la situation socio-économique est très difficile, chacun doit annoncer la couleur, estime le sp.a. "Ou bien on sort un lapin blanc de son chapeau ou bien on va vers de nouvelles élections", dit Mme Gennez.
- Pour la présidente du cdH Joëlle Milquet "il est indispensable maintenant d'éviter une crise profonde de l'Etat et de tout mettre en oeuvre pour tenter de manière responsable de sortir de l'impasse à un moment où le pays a plus que jamais besoin d'être gouverné". La président du cdH Joëlle Milquet regrette "la décision soudaine d'Yves Leterme de démissionner". Et d'ajouter qu'elle la regrette d'autant plus que des mesures socio-économiques importantes venaient d'être prises pour les citoyens. "Les discussions institutionnelles s'étaient jusqu'à présent déroulées dans un climat serein et constructif malgré un timing objectivement trop court. Les francophones avaient proposé des solutions équilibrées pour tenter de trouver des accords", note encore le cdH.
- Le PS a dit lundi soir regretter "que le Premier ministre ait cru devoir remettre sa démission au Roi" et ce "après l'énorme travail réalisé par le gouvernement fédéral en faveur des gens". "Après l'énorme travail réalisé par le gouvernement fédéral en faveur des gens, la volonté du PS était que les mesures décidées soient une réalité le plus vite possible pour les citoyens", dit le PS dans un communiqué.
Le parti socialiste regrette que "le Premier ministre ait cru devoir remettre au Roi sa démission à un moment où le PS avait le sentiment que la poursuite des négociations institutionnelles pouvait se réaliser dans un contexte constructif et positif".
Le PS ajoute qu'il espère que l'essentiel - qui consiste à répondre aux préoccupations des citoyens - l'emporte sur les discussions institutionnelles qui, dans tous les cas de figure, nécessiteront plusieurs mois supplémentaires de négociations. Pour le PS, l'essentiel reste que l'on puisse répondre concrètement aux réalités quotidiennes des Belges. Le PS espère que malgré cette démission, une solution pourra être trouvée dans les plus brefs délais, conclut le communiqué du parti.
- Le vice-premier ministre et président du MR, Didier Reynders, s'est dit désolé, lundi soir, de la décision d'Yves Leterme de remettre la démission du gouvernement au Roi. "Je suis désolé que tout le travail socio-économique qui avait été engrangé soit mis en péril. On verra maintenant ce qu'il a moyen de faire pour mettre malgré tout en oeuvre les décisions, mais sans gouvernement ce ne sera pas facile.C'est d'autant plus regrettable que les francophones avaient accepté de souscrire à un nouveau dialogue de Communauté à Communauté que j'avais moi-même accepté de présider avec le ministre-président flamand Kris Peeters et que les francophones ont fait tous les efforts nécessaires pour permettre le redémarrage les négociations communautaires", a-t-il déclaré.
M. Reynders a encore précisé qu'Yves Leterme l'avait averti qu'il allait remettre la démission du gouvernement. "J'ai d'abord prévenu les ministres et secrétaires d'Etat MR ainsi que le président du Sénat. J'ai aussi convoqué une réunion de l'intergroupe parlementaire du MR ce mardi à 10h30 et je réunirai les représentants des partis francophones dans l'après-midi", a-t-il encore ajouté.
- L'Open Vld ne souhaitait pas réagir immédiatement au fait qu'Yves Leterme ait remis la démission du gouvernement au Roi. Les libéraux veulent d'abord se pencher sur la situation politique lors d'une réunion du bureau convoqué ce mardi à 10h30 dans les locaux du parlement flamand.
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