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Gouvernement Leterme - Démission

Dialoguer entre fédérés ? Exercice grandeur nature sur l'emploi !

P.P.

Mis en ligne le 15/07/2008

Symbole ? Pile lundi, comme si de rien n'était, les entités discutaient emploi et mobilité.

Renforcer la collaboration pour l'emploi. Voilà ce à quoi se sont engagés, réunis lundi en terres régionales wallonnes (le château de La Hulpe), quatre ministres-Présidents (le germanophone inclus), tous les ministres fonctionnels (la fédérale comprise), les partenaires sociaux et des représentants des trois sociétés de transport. Deux groupes de travail étaient à l'oeuvre sur le sujet depuis avril; et les conseils socio-économiques des trois Régions y sont tous allés de leur avis.

Voulu, inconscient, ou fortuit, le télescopage de cette vaste liturgie belgo-belge avec les soubresauts fédéraux, veille de 15 juillet, n'est certes pas passé inaperçu. Ne serait-ce que par les allées et venues incessantes du ministre-Président flamand Kris Peeters en cours de réunion, ou par les commentaires d'après-conférence surtout sollicités sur l'implication plus formelle annoncée des Régions dans de potentielles négociations institutionnelles à venir... Pourtant, le mot d'ordre n'était pas aux considérations politiques. "On est dans du concret pour les gens, disait le bruxellois Charles Picqué parmi huit autres intervenants face à la presse. C'est un esprit pragmatique qui nous anime".

Soit, soyons pragmatiques. Près d'un demi-million de citoyens belges travaillent ailleurs que dans leur Région de résidence (en encadré). Ce n'est pas rien. Ce pourrait être davantage, en tout cas en ciblant mieux les mouvements du Sud vers le Nord, à considérer le décalage entre d'une part les offres d'emplois en Flandre, d'autre part les taux de chômage à Bruxelles (17,2 pc) et en Wallonie (10,5).

Quoi qu'on en pense, le souci n'est pas neuf. Une conférence fédérale en 2003, un accord de coopération entre fédérés en 2005, un autre entre Bruxelles et la Flandre en 2006, des médiations des offices pour l'emploi depuis, sont là pour en témoigner. Voici donc que l'on veut faire davantage, en sachant que l'offre des transports publics et les exigences linguistiques sont les obstacles le plus souvent cités pour aller travailler en Flandre.

Concrètement ?

1 Formation des langues. Actuellement : en Wallonie, plan langues du plan Marshall (au budget grossi jeudi dernier) avec cours intensifs et immersions; à Bruxelles, chèques langues et formations linguistiques sur le lieu de travail; en Flandre, formations sur le lieu du travail.

A venir : projet interrégional pour les PME (140 jeunes pouvant chaque année suivre une partie de leur formation dans une autre langue); organisation d'un accompagnement linguistique personnalisé dans le cadre d'un emploi éventuel; visites d'entreprises; partenariats entre les participants de cours Forem et VDAB; augmentation du nombre d'échanges linguistiques de stagiaires entre VDAB et Bruxelles Formation; formations d'appui entre Forem et son homologue germanophone (ADG).

2Transports. Les Tec et De Lijn exploitent déjà 65 lignes interrégionales. Une dizaine de nouvelles liaisons sont projetées ou décidées sur 3 zones : l'Ouest (Herseaux-Courtrai, Tournai-Courtrai, Blaton-Audenarde, Ath-Audenarde); le Brabant (Louvain-la-N.-Woluwé-Kraainem-Zaventem, outre un renforcement de Jodoigne-Louvain, Braine-l'Alleud-Bruxelles et LLN-Bruxelles); Liège (Visé-Tongres, Liège-St-Trond, Huy-St-Trond). Pour les Tec, l'investissement pèse 4,1 millions pour une période d'essai de 1 an. Tournai-Courtrai pourrait être aussi assuré par train.

D'autre part, à Bruxelles, un projet pilote de taxis collectifs débute en septembre. A partir de 162 points, ils conduiront des travailleurs bruxellois notamment dans la zone de Zaventem.

3 Médiation. Quelque 9 000 demandeurs d'emplois wallons intéressés à un emploi en Flandre seront accompagnés de manière spécifique (équipes mixtes Forem/VDAB). A Bruxelles, il s'agira de demandeurs ayant participé au "jobdating" à l'aéroport. Pour rappel, existent déjà : échange d'offres d'emplois, collaborations Forem-ADG, échange ciblé d'offres (5 000 postes vacants en Flandre doivent bénéficier à 50 000 demandeurs wallons, et 1 000 postes vacants à 6 000 Bruxellois).

Par ailleurs sera développé entre Régions l'échange des données sur le marché de l'emploi.

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