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Crise politique
Le cartel n'y croit guère
M.Bu.
Mis en ligne le 18/07/2008
Alors qu'il ne croit que très modérément à la réussite des trois médiateurs royaux, le cartel CD&V/-N-VA veut mettre le gouvernement Leterme entre parenthèses. Ou du moins tente de le faire croire. "Je voudrais que le gouvernement s'en tienne aux affaires prudentes, a indiqué la présidente du CD&V Mariane Thyssen, sur les antennes de la RTBF, vendredi, dans la foulée de la désignation des trois sudistes. "Durant cette période politiquement très sensible, le gouvernement doit s'abstenir de prendre des décisions importantes". Du reste, le cartel attend la fin du mois de juillet pour rejouer la scène de lundi dernier et d'une démission éventuelle de "son" Premier ministre. "Il ne faut pas se leurrer, analyse un haut responsable du cartel, à la fin du mois, nous en serons exactement au même point qu'aujourd'hui : nulle part"...
Entre-temps : un gouvernement en "affaires prudentes". C'est la formule qu'a échafaudée le cartel pour dompter les élements les plus sceptiques de la formation politique par rapport aux trois médiateurs royaux. Une formule sans socle juridique, contrairement aux "affaires courantes", et destinée à "maintenir la pression sur les francophones", a reconnu Mariane Thyssen.
"Si les choses n'évoluent pas d'ici la fin juillet, avertit-on au CD&V, nous quitterons le gouvernement purement et simplement". Rappel, un rapport intermédiaire des Langendries, de Donnea et Lambertz est attendu le 31 juillet. Mais la formule des "affaires prudentes" arrange à ce point le CD&V que, ça et là au parti, certains parlent de la prolonger. "On pourrait prolonger les affaires prudentes un peu plus longtemps, relève un responsable. Car qui peut croire que les trois médiateurs vont avoir une solution pour la réforme de l'Etat en l'espace de douze jours ?"
"Pas de préjugé"
Du reste, insiste-t-on au cartel, "il n'y a aucun préjugé à l'encontre ces trois personnalités. On sait que de Donnea et Langendries sont bilingues, on verra ce qu'ils proposent et les contacts que nous nouerons avec eux". Mais, ajoute un haut responsable du cartel, "nous savons que ce ne sont pas ces trois-là qui vont engager leurs partis respectifs".
Les libéraux flamands de l'Open VLD - comme souvent sur la question communautaire - sont à peu de chose près sur la même ligne que le cartel. Vendredi, le gouvernement flamand s'est contenté de "prendre acte" de la désignation des médiateurs. Et, a ajouté Kris Peeters, "nous attendons leur rapport pour prendre position".
Les formations politiques dans l'opposition au Fédéral, en revanche, se déchaînent contre le trio de médiateurs. Ainsi, les socialistes flamands du SP.A ont-il proprement dégommé l'initiative royale : "Ces vétérans ne résoudront pas le problème. C'est à la génération actuelle d'hommes politiques, aux décideurs actuels de résoudre le problème. Au lieu de mettre sur pied 27 groupes de travail, on ferait mieux d'entamer rapidement un dialogue entre les Régions. L'impasse a assez duré", indique le SP.A dans un communiqué.
"Trois crocodiles"
La Lijst Dedecker n'est pas en reste. Le parti du populiste flamand se moque des "trois crocodiles, trois anciens combattants" : "c'est risible". "Peut-être devrions-nous demander à Kabila de jouer les médiateurs ?", a ironisé Jean-Marie Dedecker qui ne donne "aucune chance de réussite" à Langendries, de Donnea et Lambertz. Pour la présidente de Groen !, Mieke Vogels, l'initiative du Palais vise "seulement à gagner un peu de temps". Groen !, comme le SP.A, demande qu'Yves Leterme se présente à la Chambre la semaine prochaine afin d'y faire une déclaration.
Savoir Plus
Les "garanties" du CD&V/N-VA
Le cartel exigera à la fin du mois que les trois médiateurs présentent, dans leur rapport, "des garanties" prouvant la volonté francophone d'avancer dans une "grande réforme de l'Etat". Vendredi, dans le "Standaard", le parlementaire flamand Luc Van Den Brande (CD&V) a détaillé le type de garanties que sa formation politique exigeait. Mais, insiste-t-on au cartel, "il pourrait y en avoir d'autres".
1. La majorité fédérale doit s'engager à endosser les conclusions d'un dialogue entre les Communautés, à les traduire en textes de loi ou en modification de la Constitution et à les faire voter par le Parlement fédéral.
2. Les options fondamentales pour le modèle confédéral doivent être prises avant le le printemps 2009.
3. Les entités fédérées doivent pouvoir déterminer ce qui demeure du domaine de l'Etat confédéral.
4. Les Parlements des entités fédérées doivent être impliqués dans le dialogue des Communautés.
5. Des solutions doivent être dégagées avant qu'un problème atterrisse au Comité de concertation. Le Comité de concertation actuel ne fonctionne plus et n'est pas adapté aux structures d'un modèle confédéral.
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