La Libre.be > Actu > Belgique > Article
Édito
Il ne faut pas négocier maintenant
Mis en ligne le 20/09/2008
Maintenant que les trois médiateurs ont permis à la Belgique de passer l'été sans monopoliser la rubrique "Etat en voie de disparition" des journaux étrangers, on peut s'interroger sur l'avenir du futur dialogue institutionnel qui, on le voit rien qu'aux réactions des partis, paraît mal "emmanché" tant les attentes des Flamands et des francophones sont divergentes. Avec un peu de recul, on pourrait émettre trois considérations.
1. Il ne faut pas reprendre la négociation institutionnelle maintenant. Comment peut-on espérer négocier avec tout la sérénité voulue, à huit mois et demi des prochaines élections régionales ? C'est impossible. C'est suicidaire. Avec autant d'ambiguïtés, ce dialogue ne sera, au mieux, qu'un stérile combat de coqs et, au pire, qu'un cirque où se déchaîneront les passions nationalistes. Les représentants des partis flamands chercheront à gagner le trophée du meilleur casseur de l'Etat belge. Les francophones feront tout pour gagner le fanion du meilleur résistant. De plus, avec la délégation telle que l'ont composée les Flamands, le carnage est garanti.
2. Il est donc urgent d'attendre et de veiller à ce que les élections de juin 2009 se déroulent dans le calme. Mais après, il sera tout aussi urgent, vital, d'entamer, enfin, cette grande réforme de l'Etat dont la Belgique a besoin. Pas pour le plaisir de réformer. Mais parce qu'une minorité ne peut éternellement bloquer la volonté d'une majorité pour laquelle la réforme est devenue un but en soi, une nécessité. D'ailleurs, les francophones, Wallons et Bruxellois, pourvu qu'ils aient mis de l'ordre dans leurs institutions, devraient eux aussi pouvoir profiter des nouveaux leviers qu'ils obtiendront grâce à cette réforme. Laquelle devra être négociée par des hommes et des femmes d'Etat. Pas par ceux dont la spécialité est de jeter de l'huile sur le feu.
3. Pour arriver à cela, il faudra retrouver, dans les relations politiques, deux éléments qui font cruellement défaut depuis quelques années, depuis qu'une nouvelle génération s'est hissée au sommet des partis politiques : la confiance et le respect mutuel. Tant que domineront l'arrogance, la méfiance, le désir d'humilier l'autre et le machisme, toute discussion sera vouée à l'échec. Ou alors, elle conduira à l'écrasement d'une des parties, avide de prendre sa revanche.
Cela prendra peut-être des années. Ce n'est pas grave. Pourvu qu'on aboutisse un jour à un fédéralisme responsable dans lequel chaque entité puisse s'épanouir.
10mn28 pour gravir l’Empire...
Barack Obama teste une arme redoutable
Parodie: Sarkozy face à la crise
Charles et Camilla fêtent Dickens