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Crise politique
Un cartel écartelé
francis van de woestyne
Mis en ligne le 23/09/2008
analyse
Ik ben het beu. Ik probeer toch wel De Zevende Dag te volgen maar ik begrijp niks meer aan politiek." Gaele, la jeune professeur de néerlandais qui chaque semaine tente de rehausser le niveau de connaissance linguistique du personnel de notre groupe de presse, a renoncé à comprendre ce qui se passe rue de la Loi. Comme beaucoup d'autres sans doute, au Nord, au Sud et au Centre du pays. Il y a de quoi.
Pourtant, la journée de lundi a, en partie, permis une certaine clarification du paysage politique. En apparence en tous les cas. Car derrière les prises de position, il y a parfois une autre réalité qu'il convient de décoder. Essayons.
1 Le cartel CD&V/N-VA existe-t-il encore ? Officiellement, il a vécu. Lundi après-midi, le président de la N-VA, Bart De Wever, n'a pu que constater que son parti était désormais dans l'opposition au niveau fédéral et au niveau flamand, alors que son allié, le CD&V, avait choisi de rester dans la majorité. Geert Bourgeois, le ministre N-VA au sein du gouvernement flamand, a tiré les conclusions de cette situation et présenté sa démission, précisant qu'à ses yeux le cartel était bien mort. Mais Bart De Wever a laissé la porte ouverte et a précisé qu'il poursuivrait loyalement le dialogue avec le CD&V pour un éventuel maintien du cartel. C'est donc fini, mais les deux partis vont voir si, quand même, pour des raisons électorales évidemment, ils ne peuvent pas rester ensemble.
2 Le dialogue institutionnel peut-il débuter ? En principe oui. Ah bon, on le croyait mort-né après les déclarations de Didier Reynders réclamant que la problématique bruxelloise (limites, nomination des bourgmestres) progresse parallèlement au dialogue. C'est plus compliqué que cela. Lundi matin, Kris Peeters, le ministre-Président du gouvernement flamand, et les présidents des quatre partis francophones ont abouti à un accord sur le lancement du dialogue. Car les francophones ont accepté :
- Que le gouvernement fédéral ne prenne pas d'initiative sur BHV;
- Que la discussion institutionnelle soit crédible;
- Qu'il y ait des accords partiels avant les élections régionales de 2009.
C'est sympathique et symbolique, mais honnêtement, cela ne change strictement rien à la position des francophones.
Reprenons-les dans l'ordre :
- Il n'a jamais été question que le gouvernement fédéral prenne une initiative sur BHV. Mais il serait faux de croire que les francophones n'évoqueront pas l'ensemble de la problématique bruxelloise. Dès la première réunion du futur dialogue, il est probable que les francophones émettront le souhait de créer une autre structure pour évoquer Bruxelles (lire aussi page 6).
- Entamer un dialogue crédible ? Sur ce plan-là, les francophones n'ont jamais dit le contraire. De là à dire qu'on va chambouler tout l'Etat...
- Engranger des accords avant les élections de 2009 ? Les Flamands y tiennent, parce qu'ils veulent pouvoir présenter des "avancées fédérales" imprudemment promises à leurs électeurs. Il n'est pas exclu que la discussion débouche sur des accords partiels concernant par exemple le Jardin botanique ou le transfert de l'administration fiscale du cadastre ou de l'enregistrement. Mais il n'est évidemment pas question d'accepter de grands transferts de compétences avant juin 2009.
3 Le gouvernement flamand est-il toujours aux soins intensifs ? Le triple engagement des francophones a permis à Kris Peeters de convaincre ses ministres d'accepter le principe du dialogue. Mais le gouvernement flamand a perdu sa belle [?] unanimité. La N-VA a rejoint le Belang, la Liste Dedecker et Groen ! dans l'opposition. Rien ne sera plus jamais comme avant. Même au sein du gouvernement flamand, il y a désormais le CD&V d'un côté, la "violette" (le VLD et le SPA) de l'autre.
4 Et le gouvernement fédéral dans tout cela ? Sauvé ? En partie. Mais dans quel état est-il réellement ? Il y a d'abord le Premier ministre. Certes, il a joué les confesseurs, dimanche, et il a résisté aux appels à la démission (voir pages 4 et 5). Mais il n'était même pas présent lors de la rencontre entre Kris Peeters et les présidents francophones, à la grande surprise des présidents de partis : quand donc va-t-il se mouiller ?, se demande-t-on au PS, au MR et au CDH... Pour gouverner heureux, gouvernons cachés, semble être la devise du Premier ministre. Un Premier ministre qui doit sans doute un peu moins pavoiser car les rapports de force ont quand même évolué au sein de la majorité. Désormais, Yves Leterme n'est plus le leader du plus grand parti au sein de la première famille politique. Désormais, ce trophée est passé sur la tête de Didier Reynders qui dirige bien le premier parti, le MR, au sein de la plus grande famille politique, la famille libérale. Mais le MR ne demandera rien en échange.
5 Y aura-t-il des élections anticipées ? Normalement non. Le but des manoeuvres du week-end a été de tout entreprendre pour éviter une confrontation anticipée avec l'électeur qui, en ces temps troublés, n'aurait certes pas profité aux partis de la majorité. Mais de plus en plus d'observateurs estiment que l'on ne pourra pas éviter que le prochain rendez-vous électoral du 7 juin 2009 concerne trois niveaux de pouvoir : européen et régional comme prévu mais aussi fédéral (lire aussi page 5).
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