La Libre.be > Actu > Belgique > Article
Chronique
Des universités multicampus ?
Jan De Troyer
Mis en ligne le 29/09/2008
Directeur/rédacteur en chef de TV-Brussel
Chroniqueur à la RTBF
La "Katholieke Universiteit Leuven" (KUL) veut, à partir de 2013, être présente à Bruxelles et dans dix villes flamandes.
A l'occasion de la rentrée académique, son recteur, Marc Vervenne, a dévoilé ce plan ambitieux d'intégrer, dans une seule structure universitaire "multicampus", les différentes écoles catholiques avec lesquelles la KUL entretient déjà des liens d'association.
De cette façon, l'université catholique deviendra, au nord du pays, l'acteur principal de l'enseignement supérieur. Pour certains, ce plan ressemble fort à une stratégie d'occupation du marché.
Dans le contexte de l'évolution de l'enseignement supérieur, le paysage universitaire flamand semble de plus en plus dominé par deux grandes associations universitaires, formées autour de deux pôles idéologiques : la KUL et l'université de Gand. Cette bipolarité est le résultat d'une logique économique de rationalisation qui domine actuellement la politique en matière d'enseignement universitaire.
Dans son discours de rentrée académique, Paul De Knop, le nouveau recteur de la "Vrije Universiteit Brussel" (VUB), la petite université bruxelloise, a indiqué que l'importance attribuée par le monde politique aux classements internationaux des universités et aux résultats mesurables incite les responsables universitaires à s'engager dans cette logique qui n'est pas sans risque.
Paul De Knop craint qu'au sein des universités flamandes, une priorité de plus en plus forte soit donnée à la recherche appliquée, aux dépens de l'enseignement même.
De plus en plus, les professeurs sont jugés en fonction du nombre de publications dans les revues scientifiques.
Faire de la recherche qui se prête à cette fin et la publication des résultats de celle-ci - de préférence dans une revue anglophone - devient ainsi plus important que la qualité de l'enseignement. Et les professeurs risquent de devenir des managers d'un département de recherche.
Comme le financement des universités flamandes est en partie basé sur le nombre de diplômés de haut niveau, au lieu d'investir dans l'accompagnement des étudiants moins doués en première année, l'université aura plutôt tendance à investir dans la production maximale de diplômes "master" ou de doctorats.
Dans une telle compétition, la grande structure qui sera créée par la KUL a sans doute plus de chances qu'une institution plus petite comme la VUB. Paul De Knop a pourtant remarqué que les universités qui sont en tête des "rankings", les fameux classements internationaux, ne sont pas les mastodontes, mais plutôt des établissements qui comptent moins de dix mille étudiants.
Pour assurer l'avenir de l'université flamande de Bruxelles, le nouveau recteur préfère jouer l'atout international bruxellois, par la création d'une "University of Brussels".
Un afflux d'étudiants étrangers pourrait offrir un nouvel élan universitaire à Bruxelles. Le nouveau recteur de la VUB compte sur l'image de marque "Brussels" - avec sa réputation internationale - pour créer, à l'ombre des institutions internationales au sein de la capitale européenne, une université anglophone.
Paul De Knop a invité le président et le recteur de l'Université libre de Bruxelles à créer avec la VUB "The University of Brussels", un projet de deux universités, de deux communautés.
Malheureusement, on peut craindre que, dans le contexte belge, un tel projet prometteur pour Bruxelles n'ait que peu de chances de se matérialiser.
10mn28 pour gravir l’Empire...
Barack Obama teste une arme redoutable
Parodie: Sarkozy face à la crise
Charles et Camilla fêtent Dickens