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Politique - communautaire
Le "dialogue" qui refusait de décoller
M.Bu.
Mis en ligne le 07/11/2008
Ne cherchez pas une fermette du Pajottenland, un château du Brabant flamand ou un restaurant d’Uccle: c’est au Palais des Académies que cela se passe. C’est là, à Bruxelles, que les négociateurs communautaires ont tenu leurs premières réunions. Les délégués du CD&V, de l’Open VLD, du SP.A et des partis francophones se verront ce vendredi et se recroiseront samedi.
Pourquoi? Pour pas grand-chose, à en croire plusieurs participants à ces réunions soporifiques. Et, au vrai, les francophones émettent aujourd’hui des doutes sur les capacités du Premier flamand (CD&V) à cornaquer les discussions. L’un d’eux dit: "Kris Peeters a une capacité au renoncement assez spectaculaire. Dès qu’il se trouve devant une difficulté, il fait demi-tour." (lire ci-dessous) Un autre: "On est polis et disponibles. Mais il veut gérer le dialogue comme une petite PME. Ce type n’a jamais été habitué au débat contradictoire."
Piétinement sur toute la ligne: pas l’ombre d’une avancée sur le chapitre de l’Emploi, par exemple. Pas un centimètre de parcouru pour une solution à la scission de l’arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde. Mais il y a plus menaçant que ce surplace: les premiers bâtons de dynamite sont, en effet, placés sous le dialogue de Communauté à Communauté par l’Open VLD. Qui piaffe à l’idée de joindre un scrutin législatif aux élections régionales de juin prochain.
Conseil d’État
Marino Keulen (Open VLD) a d’ores et déjà indiqué qu’il ne se rendrait pas à Strasbourg pour répondre à l’invitation du Conseil de l’Europe début décembre afin de s’expliquer sur la non-nomination de trois bourgmestres dans la périphérie bruxelloise. C’est que cette réunion devrait être caduque, puisque le ministre flamand de l’Intérieur aura déjà entériné sa décision sur la nomination des bourgmestres de Linkebeek, de Crainhem et de Wezembeek. Rappel, ceux-ci sont punis pour n’avoir pas respecté la tutelle flamande et avoir expédié des convocations électorales en français. Ils ne se font aucune illusion: Keulen ne devrait, selon toute vraisemblance, pas les nommer, à la fin novembre.
C’est que le registre de l’apaisement ne semble pas être celui de Marino Keulen. Mercredi, il a expédié une lettre de quatre pages, dont "La Libre" a obtenu copie, aux autorités des six communes à facilités de la périphérie bruxelloise. Là, Keulen leur signifie que les circulaires Peeters doivent être appliquées à la lettre. Et se réfère à un nouvel avis rendu par la Chambre flamande du Conseil d’Etat le 19juillet 2008. "Les contacts entre les personnes doivent avoir lieu en néerlandais [], les documents administratifs doivent être demandés à chaque fois en néerlandais."
La mèche des bâtons de dynamite est consumée. Il est impensable, relèvent plusieurs observateurs, que les francophones restent assis à la table du dialogue communautaire si "une nouvelle gifle" est assénée par la Région flamande au sujet des bourgmestres. Résumons: Peeters (CD&V) patine et doit contenir Keulen (Open VLD). Sous peine de voir son non-dialogue partir en fumée. Simple, non?
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