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Communauté française
La parole aux jeunes. Tous les jeunes
Laurent Gérard
Mis en ligne le 12/11/2008
Qu’ont en commun un jeune de 1944 et un jeune d’aujourd’hui? Un tas de choses, sans doute, mais probablement pas le même rapport à la politique, ni le même sens de la participation citoyenne. C’est une des raisons pour lesquelles le Conseil national de la jeunesse, créé en 1944, et devenu, en 1970, le Conseil de la jeunesse d’expression française (CJEF), va se réformer dès l’an prochain.
L’avant-projet de décret organisant la réforme de cette instance d’avis pour les politiques de jeunesse doit être adopté ce mercredi en séance plénière du Parlement de la Communauté française, après avoir recueilli l’unanimité en commission.
Un moment important pour le ministre de la Jeunesse qui a fait aboutir ce projet longtemps resté sous une pile de dossiers. Un texte assez technique, et pas très médiatique, mais qui devrait permettre, comme Marc Tarabella (PS) l’a expliqué à "La Libre", la mise en place d’un Conseil de la jeunesse de la Communauté française (CJCF, et non plus CJEF), davantage indépendant, jeune, représentatif et participatif.
1Un CJCF plus indépendant. Il sera organisé en ASBL et ses membres ne seront plus nommés par le gouvernement.
2Un CJCF rajeuni. L’âge maximal passe de 35 à 30 ans. Une modification symbolique en apparence mais qui vise à éviter d’avoir "des pros" du secteur de la jeunesse et permet "un turn over plus important" dans les instances.
3Un CJCF davantage représentatif. Il ne sera plus limité aux organisations de jeunesse (scouts, patro, auberges de jeunesse, Infor-Jeunes, au nombre de 85 actuellement) mais s’ouvrira également aux maisons de jeunes, aux organisations représentatives des étudiants et de l’aide à la jeunesse, ainsi qu’à des jeunes porteurs d’initiatives collectives et novatrices, "comme, par exemple, les Responsible Young Drivers", suggère le ministre. L’idée étant que les jeunes présents au CJCF ne soient plus là en tant que représentants de leur organisation cherchant à "défendre leur beefsteak" - cela pourra se faire au sein d’une autre instance, la Commission consultative des organisations de jeunesse - mais en tant que porteurs d’un témoignage, d’une expérience "jeune".
4Un CJCF plus participatif. Le décret prévoit l’obligation d’organiser, sur diverses thématiques, un certain nombre d’agoras (au niveau de la Communauté), de forums (à l’échelon supra-local, c’est-à-dire d’au moins cinq communes) et de caucus (destinés à établir un mémorandum, une prise de position des jeunes sur les enjeux politiques d’une législature). Ces débats seront ouverts à tout jeune qui souhaite y participer, membre d’une organisation ou non. "Un vrai défi", commente Geoffroy Carly, l’actuel vice-président du CJEF. "Alors que le CJEF est institutionnalisé, peut-être éloigné du terrain, on va devoir s’articuler au tissu associatif ou à l’inorganisé. Il faudra voir comment toucher largement les jeunes. Si ce défi est rencontré, il donnera sa légitimité au CJCF."
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