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Gouvernement fédéral

De Gucht aurait découragé sa femme de vendre ses Fortis

V.R.

Mis en ligne le 13/11/2008

Pressé de questions à la Chambre, le ministre nie tout délit d’initié.

La commission des Relations extérieures de la Chambre a joué à guichets fermés mercredi après midi. Journalistes et députés s’étaient déplacés en nombre pour écouter le ministre des Affaires étrangères, Karel De Gucht (Open VLD) moins sur la situation au Congo, qui a fait l’objet d’un débat au début de la séance, que sur les soupçons de délit d’initié qui pèsent sur ses épaules.

C’est "Humo" qui avait levé le lièvre. Dans sa dernière édition, le magazine néerlandophone avançait que la femme du ministre des Affaires étrangères, Mireille Schreurs, aurait demandé le 3octobre à l’agence Fortis de Berlaere de vendre son paquet d’actions et d’options Fortis - estimées à 500 000euros.

Or, dans la soirée, le gouvernement annonçait le démantèlement de la banque, une annonce qui allait entraîner une baisse importante de la valeur du titre. Une action Fortis s’échangeait 5,47 € le vendredi 3octobre. Elle ne valait plus que 1,22 € le 14octobre, lorsque le titre était à nouveau disponible en bourse. Y aurait-il eu un délit d’initié au sein de la famille De Gucht ?

Alors en voyage en Inde avec le Roi, le libéral flamand n’avait pas encore pu de se défendre devant le Parlement. Il a eu l’occasion de le faire ce mercredi. Non sans convaincre jusque dans l’opposition, même si le ministre Open VLD n’avait généralement que sa parole à opposer à celle du témoin anonyme à la base de l’article dans "Humo".

Karel De Gucht a avancé qu’il n’avait jamais donné d’information sensible à quiconque à propos de Fortis. "Jamais", a-t-il asséné avec aplomb. Lui-même, a-t-il avancé sur la base de documents comptables distribués en séance, il n’a vendu aucune de ses 2 500 actions Fortis ni aucune de ses 13 000 options, préférant "les laisser fondre comme neige dans sa main". Il aurait de même conseillé à sa femme de ne pas vendre les siennes. "Parce que si on l’apprenait, on allait me critiquer", a-t-il glissé.

Mireille Schreurs n’a cependant pas écouté les conseils de son mari, puisque, le 3octobre, elle a décidé, à la demande pressante de son frère, de vendre - à 5,43 €/pièce - les 2 000 actions Fortis qui avaient été achetées en octobre2007 - à 22,46 €/pièce - pour le compte de sa maman. Pourquoi ? Le ministre a expliqué qu’à ce moment-là, des informations alarmistes sur le sort de Fortis paraissaient dans la presse avec insistance. "La seule chose que tout cela prouve, a-t-il blagué, c’est que ma femme ne m’écoute pas toujours."

Sortant du dossier personnel De Gucht, le député Ecolo Jean-Marc Nollet s’est quand même interrogé sur le fait que 28millions d’actions Fortis ont changé de main le 3octobre. "De grands groupes financiers ont vendu, a-t-il avancé. Etaient-ils au courant de quelque chose ?"

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