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Tic tac, tic tac : revoilà BHV
Martin Buxant
Mis en ligne le 26/11/2008
Polaroïd de la situation politique alors que les quatre partis francophones se sont réunis, mardi, pour faire le point après la non-nomination de trois bourgmestres libéraux par le ministre flamand de l’Intérieur Marino Keulen (Open VLD).
1Quelle est la réponse des francophones ? Au cabinet des Finances, mardi début d’après-midi, devant un carpaccio de bœuf et quelques côtes d’agneau, Didier Reynders, Olivier Maingain, Elio Di Rupo, Joëlle Milquet, Jean-Michel Javaux et Isabelle Durant ont choisi de poser une gradation dans la réponse formulée à la non-nomination des bourgmestres de Linkebeek, Crainhem et Wezembeek.
D’abord, placer le ballon dans le camp de Kris Peeters. Au ministre-Président flamand à trouver les moyens de renouer les fils du dialogue et à constater si son "dialogue de Communauté à Communauté" peut encore tenir la route, ont répété, après leur réunion commune, les présidents de parti. Les francophones se doutent que Peeters ne déjugera pas Marino Keulen - sous peine de passer pour le "mauvais Flamand" de service. Une réponse juridique du gouvernement flamand justifiant la non-nomination des bourgmestres devrait donc parvenir relativement rapidement aux francophones.
A partir de là, MR, PS, CDH et Ecolo devraient déposer une proposition de compromis sur la table concernant les trois maïeurs : demander que les Conseils communaux des trois communes désignent directement les candidats bourgmestres - comme cela se fait en Région wallonne. L’intervention de la Région flamande serait donc écartée et les mêmes candidats (Damien Thiéry, Arnold d’Oreye et François Van Hoobrouck) pourraient être nommés. Reste que ce scénario ne serait certainement pas avalisé comme tel par la Région flamande. "C’est une base de travail", se défend un négociateur.
Car, enfin, il reste l’"arme atomique". Dans quelques semaines - dernier délai début janvier ! - expirera le conflit d’intérêt déclenché par la Cocof en mai dernier (après celui de la Communauté française) pour éviter un passage en force flamand sur la scission de l’arrondissement de Bruxellles-Hal-Vilvorde à la Chambre. Et les francophones, cela a été affirmé mardi après-midi, n’ont pas le moins du monde l’intention de déclencher une nouvelle procédure de conflit d’intérêt dans les conditions actuelles. "Pourquoi permettre à Kris Peeters de gagner du temps si on se fait tirer dessus ?" interroge l’un d’entre eux. Un autre : "On verra bien ce que sera la situation dans un mois, mais nous ne serons certainement pas les dindons de la farce."
A noter : Elio Di Rupo a refusé les côtes d’agneau servies par les cuistots de Didier Reynders.
2 Quelle est l’ambiance entre francophones ? Bof bof L’un dit : "L’ambiance était constructive." Et un autre : "On est resté courtois même si on n’en pense pas moins." Au vrai, PS, CDH et Ecolo goûtent moyennement le fait de devoir offrir une publicité gratuite à trois bourgmestres libéraux. "Les libéraux ont intérêt à faire traîner les choses, dit-on dans un des trois partis. Pour le MR, ce sont des dividendes cash ce remue-ménage autour de la périphérie." Ailleurs, chez Ecolo, on relève et on insiste sur les "accointances persistantes" entre le PS et le CDH.
Mardi après-midi, le président du MR a rapidement signalé à ses interlocuteurs qu’il n’était pas responsable de l’attitude des libéraux flamands : "Je vous le dis simplement, je n’ai pas fait d’analyse sur la question du VLD, il est clair qu’un jeu de 'valet noir’ est en train de se produire au gouvernement flamand", a pointé Didier Reynders lors du déjeuner. Une manière d’éviter que PS et CDH appuyent sur "les problèmes internes à la famille libérale".
3 Et sur le front flamand : que pasa ? La "guerre civile" au Nord du pays entre libéraux flamands à l’aube du scrutin régional a atteint son paroxysme. "Ils se montent le bourrichon, relève un observateur et, soyez certains qu’il n’y aura personne pour jouer la carte de l’apaisement." Ainsi Marino Keulen, dans son raid solo de lundi contre les trois bourgmestres, avait-il reçu le matin même un mandat clair et net du Bureau de son parti (l’Open VLD) pour avancer en ce sens, pointait mardi "De Standaard". Ce qui amène certains observateurs à pointer clairement la volonté des libéraux flamands de voter pour les législatives en juin prochain : "Ils se disent que le CD & V n’a rien comme résultat communautaire à présenter aux électeurs. Et qu’en plus le cartel avec la N-VA a explosé", termine un observateur. Pour les bleus, le moment où jamais ?
4 Coucou, revoilà Yves Leterme ! Mardi, le Premier ministre a remis le nez à la fenêtre communautaire. Non pas qu’il veuille spécialement remettre les mains dans le cambouis - il laisse cela, avec délectation, à Kris Peeters (CD & V). Mais juste au cas où Ainsi mardi, dans la foulée immédiate de la réunion des présidents francophones, Yves Leterme a-t-il reçu, au "16", pour une réunion discrète, Didier Reynders et Elio Di Rupo. Le Premier prend acte avec un peu d’ironie des premiers déboires de Kris Peeters dans le bourbier communautaire. Et pense que la situation institutionnelle restera paralysée jusqu’au Nouvel An. Rappel, le Premier flamand Peeters entendait régler une partie du casse-tête institutionnel avant la trêve de Noël : ce ne sera pas le cas.
Bienvenue sur terre, Mijnheer Peeters.
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