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décret mixité

"On a sous-estimé l'effet du tirage au sort "

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Mis en ligne le 11/12/2008

Le ministre réunira dès lundi pouvoirs organisateurs, associations de parents, chefs d'établissements, pour envisager la suite, a encore dit Christian Dupont, rappelant que la phase du tirage au sort se termine officiellement ce vendredi.

Selon les derniers chiffres en possession du cabinet du ministre de l'Enseignement obligatoire, 97 écoles secondaires ont déclaré avoir recours au tirage au sort prévu dans la troisième phase du décret "Mixité" qui règle les inscriptions au 1er degré de l'enseignement secondaire, a indiqué vendredi le ministre Christian Dupont, qui répondait en Commission du parlement de la Communauté française à des questions de Françoise Bertieaux (MR) et Yves Reinkin (Ecolo).

Le ministre a également reconnu avoir sous-estimé les effets sur le public du recours au tirage au sort. "On sait maintenant que vous ne l'aimez pas ce décret Mixité. Mais puisque vous ne démissionnez pas, vous poursuivez votre calvaire", a lancé d'emblée la chef de file réformatrice, rappellant ainsi que le ministre avait annoncé jeudi l'abandon du recours au tirage au sort pour la prochaine année où le décret s'appliquerait (rentrée 2010). Pour Mme Bertieaux, l'erreur commise repose sur l'ensemble d'un processus enclenché par une personne et la vision dirigiste de la majorité PS-cdH.

Selon la députée, rien qu'à Bruxelles-Ville, on a enregistré 3.035 inscriptions pour un peu plus de 1.000 places et la charge de travail liée à la mise en oeuvre du décret a généré dans les 8 établissements concernés 861 heures de travail, soit 106 journées de 8 heures.

Pour Ecolo, Yves Reinkin a pointé du doigt une présidente du cdH Joëlle Milquet qui met l'échec du décret sur le compte des autres, alors que son parti était partie prenante et que "ce que vote partout le cdH se fait avec son assentiment". Le ministre Dupont a jeté le gant avec dignité, reconnaissant son erreur sur la méthode, non sur l'objectif du décret; il faudra maintenant rapidement mettre autour de la table tous les partenaires de l'enseignement mais leur donner le temps de trouver une solution pour la suite, a encore exposé M. Reinkin. Mais dans l'immédiat, comment allez-vous gérer les inscriptions multiples et les élèves qui se retrouveront éventuellement sans inscription? a-t-il demandé.

Christian Dupont a précisé les limites de son annonce de jeudi: "Tout le monde s'exprimait, à la limite, sauf moi. J'ai donc constaté que le critère de tirage au sort était brûlé, grillé, notamment à cause de la présentation qu'on en a faite; je n'ai rien dit d'autre".

Par ailleurs, il ne partait pas d'une page blanche puisqu'en succédant à Marie Arena, il a dû élaborer un nouveau décret sur base de l'évaluation parlementaire qui ne voulait avant tout plus de files, qui souhaitait des normes transparentes et qui jugeait le précédent texte plutôt bien en matière de mixité, a-t-il expliqué. En outre, la nécessité de mettre sur pied un mécanisme régulateur des inscriptions figurait déjà dans le contrat pour l'école et tout le monde le soutenait, a encore rappelé M. Dupont. L'erreur commise a été de croire que le recours au critère du tirage au sort ne changerait rien au comportement des gens, d'avoir sous-estimé la dynamique qu'il entraînerait, a-t-il reconnu. Il a encore cité les chiffres de 55% d'écoles (57 sur 105) qui ont recours au tirage au sort en Région bruxelloise, pour 20% en Brabant wallon et 25% dans le reste de la Communauté française.

Le ministre réunira dès lundi pouvoirs organisateurs, associations de parents, chefs d'établissements, pour envisager la suite, a encore dit Christian Dupont, rappelant que la phase du tirage au sort se termine officiellement ce vendredi.

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