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Crise politique
Il faut un manager de crise
V.d.W.
Mis en ligne le 22/12/2008
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Pourquoi donc la désignation d'un nouveau Premier ministre a-t-elle été si ardue ? Comment la solution à la crise politique a-t-elle été élaborée ?
Il faut savoir que, dès vendredi, la plupart des présidents de parti de la majorité ont fait savoir au Souverain - lequel n'avait pas besoin d'être convaincu sur ce point... - qu'ils souhaitaient que la crise soit de très courte durée et que très vite, on remette le gouvernement en selle. L'idée d'une démission-remaniement s'est ainsi très rapidement imposée. Si vite que, dans un premier temps, l'idée de maintenir Yves Leterme à son poste et de confier simplement au ministre démissionnaire de la Justice, Jo Vandeurzen, un autre portefeuille ministériel a été évoquée... avant d'être incendiée par plusieurs interlocuteurs.
Exit Leterme, donc. Qui d'autre alors ? Le CD&V a toujours considéré que le poste de Premier ministre devait lui rester. Parce que cela faisait partie de l'accord politique initial du gouvernement Leterme 1. Soit. Mais qui ?
On sait que, dès vendredi après-midi, avant même la démission collective du gouvernement Leterme 1, une réunion discrète a rassemblé, dans les bureaux de la présidence de la Chambre, Herman Van Rompuy, Marianne Thyssen, la présidente du CD&V, et Jean-Luc Dehaene. Depuis cette heure-là, la succession d'Yves Leterme est en discussion : Herman Van Rompuy n'a pas "envie" de passer au "16". Ce serait pourtant un beau couronnement de carrière pour ce grand Sage. Mais Herman Van Rompuy, s'il est un habile négociateur, n'est peut-être pas le vrai manager de crise que l'on cherche. Il aime se ménager du temps pour lui, sa famille, son chien, sa maison au Coq. Or, la tâche qui attend le futur Premier ministre est considérable. Donc, c'est comme cela, il ne s'y voit pas.
Il n'y a qu'un autre candidat possible au CD&V : Jean-Luc Dehaene. De l'avis de tous, des francophones y compris, c'est lui, et lui seul, l'homme de la situation, le Red Adair capable de maîtriser l'incendie belge.
Oui mais voilà. Encore faut-il que les libéraux flamands, ceux qui ont poussé Yves Leterme et l'ensemble du gouvernement à la démission, acceptent que ce soit un CD&V qui reste à la barre, alors que la famille libérale est désormais, et de loin, la première famille politique du pays (loin devant la famille sociale-chrétienne, 41 sièges contre 35).
A chacun son prodige
Car le VLD dispose, lui aussi, d'un enfant prodige, d'un homme capable de résoudre la crise actuelle et de restaurer la confiance : Guy Verhofstadt, l'ancien Premier ministre, l'homme qui, il y a tout juste un an, avait réussi à mettre sur pied un gouvernement transitoire pour ensuite en confier les clés à... Yves Leterme. Mais le retour du "Numero Uno" ne fait pas que des heureux au VLD, où les De Gucht, Dewael et Somers ont peur de végéter dans l'ombre au cas où Verhofstadt reviendrait. Le VLD pourrait donc accepter l'idée d'un Premier ministre CD&V... pour autant que celui-ci ne reste pas trop longtemps. A vrai dire, qu'il s'en aille le 7 juin prochain, date des prochaines élections régionales et européennes. Ce que n'aiment pas les démocrates chrétiens flamands qui craignent que le scrutin régional ne soit "pollué" par le scrutin fédéral.
C'est là le troisième débat. Le prochain gouvernement doit-il rester quelques mois ou tenter d'atteindre le terme normal de la législature, à savoir juin 2011 ? Les tenants d'un gouvernement expéditif vont vouloir que la prochaine équipe doive juste se contenter de régler les problèmes urgents (Fortis, plan de relance, accord interprofessionnel) et qu'ensuite, il est préférable de rendre la parole à l'électeur. Avantage : on ferait alors coïncider tous les scrutins (en allongeant à l'avenir la législature de 4 à 5 ans). Question : est-ce possible sans avoir résolu l'épineuse question de BHV ?
D'autres pensent que le gouvernement devrait tenter d'aller jusqu'en 2011. Car en trois mois (si l'on vote pour les Régions, l'Europe et le Fédéral en juin), il faudra déjà dissoudre les Chambres à Pâques. Il sera dès lors humainement impossible de résoudre tous les problèmes pendants avant juin. Autant donc prendre le temps qu'il faut pour stabiliser le pays et rendre confiance.
© La Libre Belgique 2008
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