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Crise politique

Reynders, le francophone

(P.P.)

Mis en ligne le 22/12/2008

Rappelez-lui qu'il est parvenu historiquement à "renverser le centre de gravité" politique en Wallonie, aux législatives de juin 2007. Ce rappel-là, il adore. Ce sont ses vitamines chaque matin devant la glace, c'est son analgésique chaque soir au pied du lit. Et c'est son grand espoir, non, sa grande certitude, de confirmation aux régionales de juin prochain.

Ul-cé-ré qu'on l'a vu, dimanche, Didier Reynders, vice-Premier ministre et président du MR. On comprend ça. Voilà que ces vilains socialistes n'en voudraient pas éventuellement comme Premier ministre - lui, lui-même -, impuissants par là à faire prévaloir une opportunité unique pour les francophones sur leur mesquine appréhension partisane à voir un rival intraitable accéder à la plus visible fonction ! Qui plus est, ces traîtres poussent la félonie jusqu'à susurrer fielleusement un prétexte : lui, lui-même, ne serait "pas incontestable" dans les ravageuses porosités apparues entre la justice et la politique. Pas incontestable ? Pincez-moi, je cauchemarde. Non, pas besoin. Il ne peut imaginer un millième de seconde qu'il n'aurait pas, lui, lui-même, que des qualités, toutes les qualités, rien que les qualités pour endosser une fonction même casse-pipe, même intérimaire.

D'ailleurs, revenons-y, à la saga bancaire. Qui a t-on vu en permanence, qui s'est démené le plus, qui avait dans son calepin les numéros de GSM de l'ami Jean-Claude (Trichet, Banque centrale européenne) ou de l'ami Nicolas (Sarkozy, hôte de l'Elysée) ? Certes, on apercevait toujours à ses côtés un petit homme gris, déjà un peu voûté, un appelé Yves Leterme. Mais Yves qui, déjà ?

Alors, de grâce, ne dites plus à Reynders qu'il est brillant, il le sait. Ni qu'il est limite cassant glaçant, ça l'agace. Et épargnez-lui qu'à l'instar de son regretté mentor Jean Gol jadis, il fait beaucoup pour se retrouver politiquement esseulé, ça l'exaspère. Rappelez-lui plutôt qu'il est parvenu historiquement à "renverser le centre de gravité" politique en Wallonie, aux législatives de juin 2007. Ce rappel-là, il adore. Ce sont ses vitamines chaque matin devant la glace, c'est son analgésique chaque soir au pied du lit. Et c'est son grand espoir, non, sa grande certitude, de confirmation aux régionales de juin prochain. Au fait, s'il pouvait faire un crochet d'ici là par le Seize, c'est peu dire qu'il ne dirait pas Non.

© La Libre Belgique 2008

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