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démission du gouvernement

L'explorateur voit les présidents de partis

V. d. W.

Mis en ligne le 23/12/2008

Wilfried Martens rencontrera à 14h30 le premier ministre, Yves Leterme, dans les locaux de la présidence de la Chambre. Il s'entretiendra ensuite à 15h30 avec le président de l'Open Vld, Bart Somers, à 16h15 avec le vice-premier ministre et président du MR, Didier Reynders, à 17h avec la vice-première ministre et présidente du cdH, Joëlle Milquet, et à 17h45 avec le président du PS, Elio Di Rupo.

Et le gagnant est… Wilfried Martens ! Pour une surprise, c’est une surprise… Le Roi a chargé l’ancien Premier ministre CD&V, Wilfried Martens, d’une mission d’exploration. Voilà bien un nom, reconnaissons-le, que l’on n’attendait pas.

Pourquoi ce choix ? Plusieurs raisons peuvent l’expliquer. Devant les valses hésitations du CD&V, tout occupé encore à digérer la défaite de son Premier ministre chéri, le Roi n’a pas voulu laisser le pays sans qu’aucune initiative ne soit prise avant Noël. Il fallait montrer, aux Belges, que la crise était gérée et qu’ils pouvaient donc passer le réveillon de Noël, voire celui du Nouvel an, en famille et en paix. Un peu comme il l’avait fait, à la veille du 21 juillet dernier, après une autre démission d’Yves Leterme, en nommant trois médiateurs : François-Xavier de Donnea, Karl Heinz Lambertz et Raymond Langendries.

Trois ou quatre jours

Cela dit, la mission de Wilfried Martens devrait être de courte durée, trois ou quatre jours dit-on, le temps, de laisser le CD&V, toujours un peu lent à la détente, de réfléchir posément.

Le CD&V semble en tous les cas vouloir garder dans son escarcelle, le poste de Premier ministre. Vite dit, évidemment. Pas sûr que les autres partis soient nécessairement d’accord. On y reviendra. Et si le CD&V veut ce poste, c’est pour le proposer à un autre “vieux de la vieille”, Jean-Luc Dehaene, qui avait précisément succédé à Wilfried Martens, en 1992. Mais en fin stratège, Jean-Luc Dehaene, même si cela n’est pas officiel, semble poser des conditions à son opération de sauvetage. L’une d’entre elles serait d’élargir la coalition en Flandre aux socialistes (SP.A). Car depuis le départ de la N-VA, qui a rompu son cartel avec le CD&V, le gouvernement fédéral n’a plus de majorité en Flandre. Le CD&V aurait encore quelques exigences en termes de réformes de l’Etat. Quant à savoir jusque quand Jean-Luc Dehaene accepterait d’être Premier ministre, les versions varient : juin 2009 (il sera aussi candidat au Parlement européen) ou juin 2011, le terme “normal” de cette législature bien mouvementée.

Reynders, le joker libéral

Mais ce scénario du “tout au CD&V” (on élargit la majorité et on garde le poste de Premier ministre) ne plaît guère à la famille libérale. Accepter Jean-Luc Dehaene, cela pourrait encore passer. Mais se voir imposer une tripartite, donc un renforcement des socialistes au pouvoir avec un Premier ministre “travailliste”, voilà qui est trop et pour le VLD et pour le MR. La célérité avec laquelle les socialistes flamands ont changé d’avis (dimanche ils étaient contre toute participation, lundi, ils étaient pour) est apparue très suspecte aux yeux des partenaires actuels. Une arrivée éventuelle des socialistes flamands effraie les libéraux pour deux raisons principales : dans le cas d’un élargissement, il faudrait sans doute “gauchir” l’accord gouvernemental. Et tout aussi embêtant, il faudra réaménager les portefeuilles ministériels (sans doute 1 en moins au CD&V et au VLD).

Les deux partis libéraux se sont rencontrés lundi après-midi. Et il est apparu, au cours de cet entretien, que la famille libérale, la plus forte du pays (41 sièges contre 34 aux démocrates-chrétiens) pouvait revendiquer le poste de Premier ministre pour un des leurs. Pas Guy Verhofstadt (Karel De Gucht s’y oppose, on est entre amis…) mais bien Didier Reynders, le président du MR. Un nom qui pourrait également plaire au CD&V, dans l’hypothèse, toujours fort peu probable à cette heure-ci, où les démocrates chrétiens flamands abandonnent le “16”.

Premier francophone ?

Resterait à convaincre les socialistes francophones. Là ce n’est pas gagné, car les conditions posées par le PS (il faut un homme incontestable qui ne soit pas susceptible d’être en ligne de mire d’une commission d’enquête dans le dossier Fortis) demeurent. Mais le PS aurait quand même un peu de mal à maintenir son opposition envers Didier Reynders si d’aventure tous les autres partis de la coalition l’acceptaient. On ne peut pas plaider en temps normal pour le retour d’un francophone et s’y opposer juste parce que cet homme n’est pas socialiste.

Mais nous n’en sommes pas encore là, évidemment. Le CD&V n’a pas dit son dernier mot. Et l’on sait que quand ce parti est blessé, il peut se montrer dur, intransigeant et égoïste, c’est-à-dire ne s’intéresser qu’à son sort et à celui de la Flandre.

La première tâche de Wilfried Martens sera tout simplement de nouer le dialogue entre les partis politiques. Car depuis vendredi, jour de la démission du gouvernement, le CD&V est resté sous sa tente et n’a pris aucun contact avec les autres partis politiques.

Du côté francophone, Didier Reynders Elio Di Rupo et Joëlle Milquet se sont concertés lundi après-midi. Et comme on dit dans ces cas-là, l’ambiance était constructive.

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