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crise politique
Passation de pouvoir au 16 rue de la Loi
V.d.W.
Mis en ligne le 31/12/2008
Herman Van Romuy a été nommé Premier ministre par le roi Albert II, mardi 30 décembre en fin d'après-midi. Sauvés, les Belges ? Pas si vite... Car la route du Premier ministre et de son gouvernement est semée d'embûches. Pourquoi ?
Il y aura tout au long de la route de cette "nouvelle" équipe, une menace permanente : le CD&V. Les présidents de parti qui ont vécu les négociations menées par Herman Van Rompuy le confient tous : les dernières péripéties politiques ont mis en lumière l'extrême fragilité du parti du Premier ministre.
Menace
Et l'histoire politique belge foisonne d'exemples où l'ancêtre du CD&V, le CVP, lorsqu'il était ainsi en crise, blessé, déboussolé a, à maintes reprises menacé l'équilibre du pays tout entier. Aujourd'hui encore, cela semble être le cas. Car il n'y a plus de vrai leader : est-ce la présidente, Marianne Thyssen ? Est-ce l'ancien Premier ministre, Yves Leterme ? Est-ce le nouveau, Herman Van Rompuy ? Impossible de répondre à cette question aujourd'hui tant les tiraillements sont nombreux et vifs à l'intérieur de ce parti. Il n'y a pas que les hommes et les femmes qui se déchirent. Le parti est aussi miné par les rivalités internes entre les fameux "standen" : le mouvement ouvrier chrétien, les classes moyennes et le Boerenbond. Dans le remaniement actuel, la tendance ACW "ouvrier chrétien" s'est rebellée car elle estimait ne pas être correctement représentée.
Toutes ces difficultés internes au CD&V expliquent donc la manière dont le remaniement ministériel a eu lieu. Outre Herman Van Rompuy, Premier ministre, c'est finalement Stefaan De Clerck qui redeviendra ministre de la Justice (il a été préféré à Tony Van Parijs, dont Van Rompuy ne voulait pas). Et Steven Vanackere a pris le siège laissé libre par Inge Vervotte. Celle-ci a décidé de quitter le gouvernement "par solidarité avec Yves Leterme et Jo Vandeurzen". L'ACW a donc fait monter Steven Vanackere qui récupère les compétences d'Inge Vervotte (Fonction publique) : il est en outre bombardé vice-Premier ministre.
Des choix qui répondent essentiellement à des équilibres internes. Du coup, par le jeu des suppléants, le CD&V retombe à 23 sièges à la Chambre alors qu'il y a 4 mois encore, allié à la N-VA, il en avait 30. Le CD&V fait à présent jeu égal avec le MR. Et la N-VA fait une très bonne affaire puisque les suppléants de deux nouveaux ministres (De Clerck et Vanackere) sont des élus N-VA.
Une des premières tâches d'Herman Van Rompuy sera de rétablir un semblant de calme au sein de son propre parti. Y arrivera-t-il ? Pas sûr car les rancœurs sont nombreuses et importantes. On peut parier que si, d'aventure, Herman Van Rompuy devait connaître des difficultés dans les prochains mois, elles seront principalement le fait de gens blessés au CD&V. On pense évidemment ici à Yves Leterme qui n'a sans doute pas dit son dernier mot et qui continue à être présenté, par sa présidente de parti, Marianne Thyssen, comme un ministre "en congé", au même titre que Jo Vandeurzen, l'ex ministre de la Justice. Les couteaux sont tirés, au CD&V. Reste à voir quand et qui ils frapperont.
Dewael au perchoir
Pour le reste, il se confirme que Patrick Dewael deviendra le prochain président de la Chambre, en lieu et place d'Herman Van Rompuy. Et c'est un nouveau venu, Guido De Padt, qui sera ministre de l'Intérieur. Signalons encore, pour être complet que Karel De Gucht, ministre des Affaires étrangères, sera le nouveau vice-Premier ministre de l'Open VLD. Il faut dire qu'il était déjà omniprésent dans les "kern".
Tout cela explique pourquoi, mardi en fin d'après-midi au château de Laeken, certains ministres qui n'avaient pas suivi de près les dernières négociations politiques, ont découvert leurs nouveaux collègues lors de la prestation de serment.
Voilà. Sans attendre, le nouveau Premier ministre, Herman Van Rompuy, a organisé un premier conseil des ministres pour approuver la nouvelle répartition des compétences ainsi que le texte que la déclaration gouvernementale que le nouveau locataire du 16, rue de la Loi lira ce mercredi à la Chambre. Le débat parlementaire et le vote interviendront ce vendredi 2 janvier.
Les vrais problèmes commenceront quelques jours plus tard lorsqu'il faudra mettre en route le dialogue institutionnel, la commission d'enquête "Fortis" et procéder au premier contrôle budgétaire de l'année.
Au fait : bonne année...
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