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Édito

Termonde : la douleur et les questions

jean-claude matgen

Mis en ligne le 24/01/2009

Ce qui s’est passé à Termonde dépasse évidemment l’entendement. Quelle que soit la personnalité de l’auteur de la tuerie et quel qu’ait pu être le mobile qui l’a animé, l’idée même qu’on ait pu ôter la vie à de jeunes enfants sans défense de la façon la plus violente qui soit est insupportable au cœur de tout homme et de toute femme. Il ne faut pas être père ou mère de famille pour ressentir au plus profond de soi une douleur et une amertume profondes, même si ces sentiments sont sans commune mesure avec ceux qui accablent aujourd’hui les familles des victimes du drame.

A quoi attribuer celui-ci ? L’avenir nous éclairera sur sa réelle nature, il nous dira qui est celui qui l’a rendu possible, pourquoi il a agi de la sorte, à quelles motivations il répondait, quels démons l’habitaient. Tout cela donnera lieu à des mesures dont on ne sait pas encore si elles seront de nature judiciaire ou médicale. Peut-être à un procès. On verra.

A l’heure qu’il est, c’est le choc, le chagrin, l’incompréhension qui dominent. Evidemment, on se pose des questions. Que des êtres humains soient capables de donner la mort de façon aveugle et désordonnée relève-t-il d’une quelconque responsabilité collective, celle d’une société violente et égoïste, qui cultive l’agressivité et l’indifférence et engendre tous les dérèglements ? Ou est-ce le lot d’un monde qui n’a jamais pu et ne pourra jamais, malgré toutes les précautions possibles, éviter que, parfois, certains de ses habitants versent dans l’incompréhensible ?

Il est périlleux et même impossible de répondre à une question pareille. Sauf qu’il y a eu des précédents. Et que ces précédents ont illustré la fragilité de nos modèles sociaux. Régulièrement, hélas, les Etats-Unis sont le théâtre de meurtres de masse. La vieille Europe en connaît beaucoup moins, heureusement. Mais les valeurs qui constituent, peut-on espérer, des remparts contre les "pétages de plomb" et les "passages à l’acte" sont ébranlées, en Belgique comme ailleurs.

La tentation peut être grande, après une telle tragédie, de disposer aux portes de nos stades, de nos banques, de nos théâtres mais aussi de nos écoles, de nos crèches et pourquoi pas de nos rues des gardiens, des militaires, des policiers Ce n’est pas comme cela qu’on résoudra le problème de la "folie" des hommes.

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