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Drame de Termonde - L’enquête

Kim D. : quatre "psys" avant le massacre

R. P.

Mis en ligne le 29/01/2009

La famille du meurtrier supposé de la crèche s’était déchirée, pour ou contre sa collocation. Quatre psychiatres s’étaient rangés à deux avis différents, oui et non. Trois nouveaux sont désignés par la justice.

On savait déjà que Kim De Gelder, auteur présumé de la tuerie à la crèche de Termonde (3 morts et 12 blessés parmi les bébés et les puéricultrices) et meurtrier tout aussi présumé d’Elza Van Raemdonck, une habitante de Beveren âgée de 72 ans, avait été suivi psychologiquement bien avant le drame. Son avocat, Me Jaak Haentjens, avait même expliqué que ses parents avaient tenté de faire interner leur fils, voilà deux ans, quand il en avait dix-huit.

Mais on ignorait que pas moins de quatre psychiatres l’avaient examiné, en rendant toutefois des avis antagonistes, comme l’indiquait mercredi "Sud Presse".

Les faits avaient duré des mois. Parce que Kim de Gelder se repliait toujours plus sur lui-même, qu’il ne communiquait quasiment plus, sauf par SMS, qu’il entendait des "voix" et qu’il se parlait à lui-même, un premier psychiatre l’avait examiné.

Diagnostic : schizophrénie. Il avait alors été question d’une procédure pour sa "mise en observation" (on dit aussi collocation, mais non internement, mesure qui ne peut concerner que l’auteur d’un délit ou d’un crime atteint d’une maladie mentale; lire aussi ci-contre).

La formalisation de la demande de la famille aurait alors permis de le faire soigner de manière intensive, en même temps qu’il aurait été mis hors d’état de nuire (aux autres mais aussi à lui-même). Mais la famille s’était divisée. Certains ne croyaient pas dans cette explication et trouvaient la procédure judiciaire trop lourde.

Examens en prison

On avait demandé à un second praticien un autre examen. Crise d’adolescence, avait-il estimé. En ne convainquant, lui aussi, qu’une partie de la famille. Un troisième "psy", à son tour sollicité, s’était rangé aux dires du premier. Une nouvelle discussion avait eu pour effet qu’on avait choisi un nouveau (et quatrième) psychiatre, censé trancher le sujet. Mais il s’était rallié à la position du deuxième de ses confrères, ce qui égalisait, si l’on peut dire, les points de part et d’autre.

La famille, carrément déchirée sur le sujet, s’en était finalement remise au médecin traitant, qui avait tranché : Kim était selon lui suffisamment en bonne santé pour qu’un traitement ambulatoire soit adapté. Il était donc resté dans sa famille. Avant de prendre un kot, comme on sait et avec la suite que l’on sait : Kim s’était encore renfermé sur lui - même, restant même seul chez lui pour les fêtes de Noël et Nouvel An, avant de commettre l’irréparable, vendredi dernier.

Malgré tout, il n’était pas resté sans attention ni soins, du moins pendant quelque temps, indique son avocat, qui a par ailleurs demandé au juge d’instruction qu’il soit procédé à une enquête approfondie sur le passé psychologique de De Gelder (on sait à ce sujet que ledit juge avait d’emblée soumis le cas à un collège de trois experts; lire aussi "La Libre" du 28/1).

"Il y a des indications indiscutables de failles psychiques graves depuis l’âge de 15 à 16 ans", a ainsi déclaré Me Haentjens, qui a utilisé le mot "grave dépression". Il aurait donc été suivi durant environ trois mois par un psychologue, mais n’aurait ensuite vraisemblablement plus été pris en charge, toujours selon cet avocat.

Bref, Kim De Gelder aura un premier entretien à la prison de Termonde avec les experts mandatés par le juge dans les prochains jours. De quoi, peut-être, éclairer un peu mieux le sujet. Sans condamner forcément les médecins qui l’ont observé voilà deux ans : on sait, dans la profession, qu’il est toujours facile de réécrire l’histoire après les événements. Et que prévoir l’évolution d’une maladie mentale est en revanche malaisé.

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