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Politique - communautaire
Le FDF retarde le "dialogue"
M.Bu.
Mis en ligne le 14/02/2009
Réunis vendredi après-midi à l’initiative du président du Sénat Armand De Decker (MR), les négociateurs francophones sur les dossiers communautaires ont abouti à un constat de désaccord : les représentants du MR-FDF, du PS, du CDH et d’Ecolo se reverront donc début de semaine afin d’aplanir leur différend. C’est qu’alors que le ministre-Président flamand Kris Peeters (CD&V) demande aux francophones de reprendre le dialogue communautaire, le FDF émet des doutes sur la manière de reprendre ces discussions. Jusqu’à crisper le président du Sénat Armand De Decker qui, selon plusieurs sources présentes à cette réunion, "a remis le président du FDF à sa place".
"Il ne faut pas oublier, a ainsi lancé le libéral francophone De Decker, que le MR au Parlement, ce sont 22 députés libéraux et un seul député FDF". Vendredi, le FDF, en l’occurrence Olivier Maingain, s’est montré à la hauteur de sa réputation. Il a notamment souhaité un plus gros refinancement pour la Région bruxelloise dans le "1er paquet" communautaire (négocié sous Verhofstadt III en décembre 2007 !). Et pas question d’avancer plus avant dans une quelconque négociation sans garantie quant à la nomination des trois bourgmestres francophones de la périphérie bruxelloise.
"Les rêves de Kris Peeters"
Interrogé par "La Libre" vendredi, le président du MR apporte un soutien très clair à Armand De Decker : "Le temps dont nous disposons est très limité, explique Didier Reynders, mais nous devons néanmoins avancer sur les dossiers communautaires tant que nous le pouvons. Je pense notamment que nous pourrions boucler quelques dossiers avant les élections régionales, par exemple sur le chapitre de l’Emploi". Une concertation entre Didier Reynders, Armand De Decker et Olivier Maingain devrait avoir lieu ce week-end. Voilà qui ouvre la voie à une reprise réelle des négociations entre Flamands et francophones
Mais, halte-là ! L’affaire est loin d’être entendue : le CDH refuse d’avancer sur le dossier de la régionalisation de l’Emploi sans une négociation globale - une négociation qui ne pourra avoir lieu avant les élections de juin prochain. "Il faut bien être conscient, martèle-t-on dans les rangs humanistes, que les francophones n’ont rien à gagner à cette régionalisation de l’Emploi. Juste à s’appauvrir ! Cette régionalisation ne pourrait donc intervenir que dans le cadre d’une grande négociation". En clair, pas question d’aller ouvrir de nouveaux chapitres de discussion sans avoir une fois pour toutes bouclé le "1er paquet" communautaire. "Kris Peeters ne doit pas prendre ses rêves pour des réalités", pointe un négociateur francophone.
Le ministre-Président flamand a fait parvenir jeudi soir une liste de 8 points, certains traduits en propositions de lois, qu’il demande aux francophones d’accepter. Ceux-ci lui opposeront une fin de non-recevoir mais accepteront son invitation à discuter. Jeu de dupes, donc. C’est à qui des francophones ou des Flamands jettera l’éponge en premier. Et d’un côté comme de l’autre, les joueurs sont coriaces.
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